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Assassinat d'un scientifique iranien du nucléaire (novembre 2020) (26)
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Donald Trump préfère la stratégie d’assassinats ciblés à la guerre conventionnelle. Cela représente-t-il un changement majeur dans les conflits armés? Analyse de Gérard Chaliand, spécialiste des relations internationales et stratégiques ainsi que des conflits armés et irréguliers, au micro de Rachel Marsden.

Le Président américain sortant, Donald Trump, semble déterminé à frapper l’Iran d’une manière ou d’une autre. Ce n’est pas un secret qu’il a récemment demandé à ses conseillers de lui présenter des options pour frapper le programme nucléaire iranien. Ils lui ont finalement déconseillé de le faire.

Sauf que le 27 novembre, l’un des scientifiques clés du programme nucléaire iranien, Mohsen Fakhrizadeh, a été assassiné en Iran, ce qui rappelle la mort du général iranien Qassem Soleimani par une frappe aérienne américaine le 3 janvier en Irak. Cela rappelle aussi le meurtre d’un ancien commandant d’Al-Qaïda* dans les rues de Téhéran, en août dernier, par le Mossad, sur des renseignements de la CIA, selon le New York Times.

La guerre conventionnelle serait-elle ringarde? Gérard Chaliand, spécialiste des relations internationales et stratégiques, ainsi que des conflits armés et irréguliers, réagit à la stratégie ciblée du Président américain:

«Personne n’a intérêt à déboucher sur un conflit armé. Absurde. C’est dépassé, ça.»

Le géostratège dresse le portrait d’un possible monde post-Trump:

«S’imaginer qu’avec Biden, Israël sera moins proche des États-Unis, c’est une erreur. Les Israéliens vont continuer à être le plus près possible de la politique américaine et à s’adapter régionalement à tout ce qui sert leurs intérêts.»

Mais quelles seront les différences entre la politique étrangère de Donald Trump et celle de Joe Biden? Gérard Chaliand apporte une réponse nuancée:

«La différence entre Biden et Trump va être moins importante que celle que l’on soupçonne. Il y a un certain nombre de choses entreprises par Trump, des choix, qui ne vont pas être arrêtées comme ça, dans la mesure où c’était bien calculé dans les intérêts des États-Unis, difficile pour les adversaires de trouver une parade. La définition de la politique américaine va être beaucoup plus complexe qu’un changement où on tourne la page et on retourne à ce qu’il y avait avant.»

Et la place de l’Europe dans tout ça? D’après Chaliand:

«Depuis 50 ans, on s’est fait dorloter par les États-Unis qui, jusqu’à Trump se sont occupés de tout, et nous on était dans une démission complète et maintenant ça se paie.»

*Organisation terroriste interdite en Russie

Dossier:
Assassinat d'un scientifique iranien du nucléaire (novembre 2020) (26)

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Tags:
Iran, États-Unis, Donald Trump
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