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La présidence de Joe Biden marquera-t-elle la fin de l’approche «America First»? C’est ce qu’il a annoncé et ce que lui conseillent certains spécialistes. Simon Serfaty, professeur de politique étrangère américaine à l’université du Old Dominion à Norfolk (Virginie), explique au micro de Rachel Marsden par quoi elle pourrait être remplacée.

Le général James Mattis, ancien secrétaire américain à la Défense de Trump, a publié dans Foreign Affairs avec trois coauteurs, membres de think tanks américains, une tribune expliquant que la stratégie «America First» de Donald Trump devrait être remplacée sous la probable Administration Biden par un solide réseau d’alliances et de coopérations internationales.

Mais l’Amérique sera-t-elle toujours entièrement aux commandes? L’Europe, par exemple, partage les valeurs démocratiques promues par l’Amérique. Ses intérêts ne sont cependant pas forcément ceux des États-Unis. L’un des derniers exemples en date a été le désir de l’Europe de normaliser ses relations commerciales avec l’Iran malgré le retrait de Trump de l’accord multilatéral de 2015, visant à limiter la capacité nucléaire militaire de l’Iran en échange d’un allégement des sanctions.

Il y a aussi eu l’affaire du gazoduc Nord Stream 2, construit en coopération entre l’Europe et la Russie. Dans les deux cas, les États-Unis ont décrété des sanctions contre leurs supposés alliés lorsque l’Europe a menacé de suivre ses propres intérêts plutôt que ceux des États-Unis. Ceci, malgré leurs supposées valeurs communes.

Mais Mattis suggère maintenant une approche plus subtile, en «résistant à la tentation de maximiser les gains des États-Unis aux dépens des pays qui partagent ses objectifs et d’utiliser plutôt ses pouvoirs d’influence et d’inspiration pour élargir le groupe de pays qui travaillent avec les États-Unis à un objectif commun.» 

Mais comment se concrétiserait cette nouvelle tactique américaine pour ses alliés? Simon Serfaty, professeur de politique étrangère américaine à l’université du Old Dominion à Norfolk (Virginie), titulaire (émérite) de la chaire Zbigniew Brzezinski en géopolitique au Centre de relations internationales et stratégiques (CSIS) à Washington et auteur du livre Un monde nouveau en manque d’Amérique (Éd. Odile Jacob), explique en quoi la mentalité de l’équipe de Joe Biden diffère de celle de l’actuel Président américain:

«Je crois que vous allez voir une Administration Biden, dont je connais les représentants au plus haut niveau, faire preuve d’une beaucoup plus grande flexibilité dans la forme aussi bien que sur le fond.»

Comment cela pourrait-il se traduire dans les relations entre les États-Unis et l’Iran? Le professeur de politique étrangère américaine à l’université a son idée sur la question:

«Vis-à-vis de l’Iran, vous aurez de la part de l’Administration Biden un effort pour renouer avec la diplomatie, de revenir un peu vers ce qui s’est réalisé en 2015-2016 [avec l’accord nucléaire, ndlr], et cela permettrait éventuellement aux sanctions américaines d’être amoindries et de la part des Américains, de ne pas faire preuve de pression maximale vis-à-vis des Européens quant à leur envie de renouer leurs relations avec l’Iran.»

Quel pourrait être l’évolution de la relation américano-russe? Le titulaire (émérite) de la chaire Zbigniew Brzezinski en géopolitique au CSIS estime que là aussi, les changements seront notables:

«Avec la Russie, il y aura un effort d’engagement de la part de cette nouvelle Administration, à moins que Poutine continue de croire qu’il peut jouer la carte Trump, même après l’investiture de cette nouvelle Administration. Et là, l’effort vis-à-vis de la Russie se ferait par exemple au niveau d’une reprise des négociations sur le nucléaire et par intermédiaire des Européens, d’aller de l’avant pour ce qui par exemple de l’Ukraine.»

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Tags:
Donald Trump, Joe Biden, Vladimir Poutine
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