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Joe Biden vient de nommer Antony Blinken au poste de secrétaire d’État. Quel impact pour la relation entre les États-Unis et le reste du monde aura le choix de ce francophile à la tête de la politique étrangère américaine? Analyse de Sébastien Cochard, ancien diplomate et conseiller d’eurodéputés, pour le Désordre mondial.

Nous savons enfin qui devrait remplacer Mike Pompeo, secrétaire d’État et ancien directeur de la CIA, si Joe Biden est comme prévu intronisé Président des États-Unis le 20 janvier. Le Démocrate a nommé Antony Blinken, un francophile, parlant couramment le français et élevé en France, comme chef de sa diplomatie.

Bien que le diplomate de 58 ans soit né à New York, il a déménagé à Paris avec sa mère et y a poursuivi ses études jusqu’à son retour aux États-Unis, où il a intégré l’université de Harvard et la faculté de droit de Columbia. Blinken a commencé sa carrière comme fonctionnaire de la Maison-Blanche sous l’Administration Clinton en 1994 et semble se ranger dans le camp des faucons, ayant partout soutenu une stratégie interventionniste, de la Libye en passant par la Syrie et l’Irak.

Le probable 46e Président des États-Unis vient-il de nommer un énième néoconservateur au plus important poste diplomatique américain, ce qui assurerait une continuité avec l’appareil d’État qui hante les couloirs de Washington, Administrations Républicaines et Démocrates confondues?

Sébastien Cochard, ancien diplomate en poste en Italie et aux États-Unis et conseiller d’eurodéputés sur les affaires économiques et de relations internationales, dresse le portrait de la future diplomatie américaine:

«Antony Blinken fait partie de cet establishment des Affaires étrangères à Washington que les gens appellent “Le Blob”, qui est cette espèce de “nexus” [de réseau, ndlr] –presque une mafia– de personnel la plupart du temps dans les Administrations Démocrates qui font effectivement la politique étrangère américaine.
Donc Antony Blinken et tout le personnel dont Biden s’entoure étaient tous extrêmement actifs lors des Administrations Clinton et Obama. Ils se sont succédé les uns aux autres et se retrouvent tous autour de Biden.»

L’ancien diplomate en poste aux États-Unis ne cache pas certaines réserves à propos de la nomination d’Antony Blinken au poste de secrétaire d’État:

«Blinken, pendant les quatre années qui viennent de s’écouler, était l’un des fervents propagandistes de la fantaisie totalement inventée d’interventions russes dans les élections américaines de 2016.»

Le conseiller d’eurodéputés sur les affaires économiques et de relations internationales détaille le profil du nouveau chef de la diplomatie américaine:

«Blinken est bien connu, puisqu’on a pu l’observer en action depuis de nombreuses années, pendant les huit ans de l’Administration Obama. Il était extrêmement visible internationalement. Donc on sait de quelle manière il travaille, mais d’une manière assez paradoxale, on ne sait pas ce qu’il pense. C’est l’une des critiques qui lui est faite assez souvent. Un peu comme Obama, il a cette approche qui est animée par des principes […] sans avoir de vision stratégique et géostratégique extrêmement claire.»

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