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Un referendum suisse visant à mettre les entreprises helvétiques face à leurs responsabilités en termes d’environnement et de droits de l’homme a échoué. Marc German, spécialiste en intelligence compétitive et diplomatie d’entreprise, analyse le dessous des cartes de cette affaire au micro de Rachel Marsden. 

Les électeurs suisses ont rejeté de justesse une initiative populaire visant à tenir les entreprises de la Confédération responsables de leurs violations internationales des droits de l’homme et de l’environnement.

Bien que 50,7% des Suisses aient approuvé cette mesure, elle n’a pas obtenu le soutien d’une majorité de cantons. Une victoire sur les deux fronts était nécessaire pour qu’un tel referendum d’initiative populaire soit validé.

Quel était exactement l’enjeu du vote? D’une part, les partisans de l’Initiative pour les entreprises responsables, qui ont lancé cette «votation», comme disent les Suisses, ont fait valoir que ces mesures étaient essentielles pour aligner la Confédération helvétique sur d’autres pays et sur le climat actuel des affaires au plan mondial. En revanche, le gouvernement suisse et les multinationales ont déclaré que cela serait économiquement préjudiciable au pays.

Qu’est-ce qui a rendu cette question si importante? Quelles sont les pratiques des entreprises suisses qui ont motivé le lancement de cette initiative? Marc German, spécialiste en intelligence compétitive et diplomatie d’entreprise, revient sur l’initiateur de cette proposition soumise au vote populaire:

«À sa tête, il y a un Suisse qui passe pour un homme de gauche, qui avait comme principal objectif le fait que les entreprises financières et les banques suisses cessent d’investir dans l’industrie de La Défense. Or, il est vrai que les banques suisses font partie des investisseurs des industriels de La Défense, notamment aux États-Unis, mais au même titre que de nombreuses institutions financières par le monde. Ce n’est pas une spécialité suisse.
La Suisse depuis très longtemps s’interdit de financer des activités illégales, notamment sur les armes interdites. Il n’y a pas de sujet aujourd’hui de cette nature.»

Quelles autres activités ce referendum d’initiative populaire ciblait-il? Le spécialiste en intelligence compétitive et diplomatie d’entreprise développe les arguments des promoteurs de cette initiative:

«On peut imaginer que des multinationales qui interviennent notamment dans le secteur minier ou dans l’agroalimentaire pourraient être par exemple tenues responsables du travail dans certains mines ou de l’exploitation exagérée de certaines populations, qui seront mises à contribution pour assurer des productions agricoles dans des conditions non conformes aux droits de l’homme, c’est-à-dire l’emploi des enfants, l’absence de ressources équitables, etc.»

Spécialiste de l’industrie de la Défense, des technologies émergentes et de la cyberdéfense, Marc German réagit à l’idée que la Suisse serait une sorte de Far West capitaliste au sein de l’Europe:

«C’est un mythe. Si vous voulez faire des choses louches, il ne faut absolument pas que vous vous installiez en Suisse. La Suisse, c’est un pays transparent. Les principaux avantages pour les entreprises internationales et multinationales, c’est la stabilité politique, administrative et législative.»

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référendum, Suisse
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