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Si les économies africaines s’effondrent, la France subira «des conséquences migratoires et sécuritaires», a déclaré Marion Maréchal à Sud Radio. D’où l’intérêt de l’Hexagone d’y maintenir une stabilité financière via la parité euro–franc CFA, alors même qu’Emmanuel Macron a signé un accord annulant les contreparties à cette coopération.

En revenant sur l’importance pour la France de la stabilité financière en Afrique, Marion Maréchal a indiqué au micro de Sud Radio que l’Hexagone risquait d’être touché par des conséquences migratoires et sécuritaires si les économies africaines s’effondraient.

«En réalité, les Russes, les Chinois, les Turcs n’en ont strictement rien à faire que l’Afrique se porte mal, qu’ils vivent sous des économies de rente. La France, en revanche, à tout intérêt à ce qu’elle se porte bien, à ce qu’elle se développe, parce que c’est notre environnement régional proche. Et que si ces économies s’effondrent, la réalité c’est que c’est nous qui en paierons les conséquences sur le plan, évidemment, migratoire et sécuritaire».

C’est la raison pour laquelle «la France a tout intérêt à garder cette stabilité monétaire, et à encourager les réformes nécessaires en parallèle», a-t-elle ajouté.

Cependant, si Paris s’engage à prendre des risques en garantissant la stabilité économique, cela signifie que «nous exigeons des contreparties légitimes».

La nièce de Marine Le Pen a ensuite rappelé que la stabilité était assurée par la France qui maintient une parité entre l’euro et le franc de la Communauté financière africaine (CFA), monnaie commune utilisée par 14 pays d’Afrique.

«C’est la France qui prend la responsabilité de garantir, avec une conséquence très simple, qu’aujourd’hui c’est la monnaie la plus stable d’Afrique qui permet à ces pays d’éviter de tomber dans l’hyperinflation qui serait évidemment un drame économique».

Macron se résigne face aux attaques contre le CFA

Depuis des années, le CFA était visé par «la gauche panafricaniste» et par certains dirigeants africains qui accusaient la France «d’un nouveau colonialisme» et «ont utilisé cet outil comme bouc émissaire de leur défaillance» pendant leurs campagnes électorales, poursuit Mme Maréchal.

«Tout cela est un vaste mensonge», lance-t-elle avant d’ajouter que ce processus a conduit Macron à prendre une décision privant la France de contreparties: «Emmanuel Macron, dans cette espèce de climat repentance, de culpabilité, a cédé à ce chantage et aujourd’hui signe un accord qui fait que la France continue de garantir la stabilité de cette monnaie et la parité euro-franc CFA sans plus aucune contrepartie», conclut-elle.

En décembre 2019, Emmanuel Macron et son homologue ivoirien Alassane Ouattara ont annoncé le remplacement du franc CFA par la nouvelle monnaie eco dans les huit pays (Burkina Faso, Bénin, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal, Togo et Niger) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Sa mise en place était initialement prévue pour le troisième trimestre 2020, mais elle a été repoussée à une date indéfinie.

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Tags:
économie, Emmanuel Macron, Franc CFA, Afrique, Marion Maréchal-Le Pen
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