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Après que les États-Unis ont frappé de sanctions 45 entreprises russes, notamment du secteur aérospatial, le directeur de l’agence spatiale russe Roscosmos a appelé le gouvernement américain à les lever, affirmant que ces mesures faisaient «du mal» à la collaboration entre les deux pays.

Le directeur général de l’agence spatiale russe Roscosmos, Dmitri Rogozine, a réagi aux sanctions décrétées par Washington contre le fabricant des lanceurs Soyouz, estimant que cela était dû au fait que les Américains avaient conçu leurs propres vecteurs d’acheminement d'astronautes à bord de l'ISS.

«Ces sanctions font du mal, car elles viendront irriter et créer des obstacles supplémentaires à la coopération, si importante pour les Russes et les Américains, dans l'espace, notamment sur l'ISS», indique-t-il dans un message sur Facebook.

Il cite en qualité d’exemple le centre Progress qui s’est «étrangement» retrouvé sur la liste des sanctions.

«Cette entreprise située à Samara fabrique les légendaires lanceurs Soyouz-2 qui permettent au vaisseau Soyouz MS de transporter depuis 10 ans des astronautes américains à bord de l'ISS», note-t-il.

Dmitri Rogozine réutilise dans ce contexte une image dont il s’était servi il y a six ans pour évoquer l'incapacité américaine à mener des vols spatiaux habités à l'époque.

«Il s’avère maintenant que "le trampoline [de nos collègues américains, ndlr] fonctionne de nouveau" et qu’ils ont décidé avant toute chose de cracher dans la fontaine de Samara. N'est-ce pas un peu trop tôt, collègues? Et si votre "trampoline" se déchirait et que vous soyez obligés de nouveau de boire à notre fontaine pour assouvir votre soif d’espace?», demande-t-il.

Il exhorte Washington, à la fin de son message, à lever ces sanctions.

«Pour préserver notre cause commune, je demande au gouvernement américain de lever immédiatement ces sanctions contre nos entreprises. Disons que c'est un "malentendu".»

SpaceX

Le département américain du Commerce vient de publier la liste des entreprises frappées par les sanctions dont, pour la première fois, des sociétés de Roscosmos: le Centre national de recherche et de production Progress -qui fabrique les lanceurs Soyouz, donc- et le principal institut scientifique de TsNIIMash, qui englobe notamment le Centre de direction des vols.

Après le déclassement du système américain de vols habités Space Shuttle en 2011, la Russie a acheminé pendant neuf ans des équipages à bord de l'ISS grâce aux Soyouz. Cette année, plusieurs équipages ont gagné la station en empruntant des vaisseaux américains Crew Dragon de la société SpaceX d’Elon Musk.

Le trampoline

En avril 2014, Dmitri Rogozine, qui était alors vice-Premier ministre, avait proposé aux États-Unis, en réaction aux sanctions américaines contre l'aérospatiale russe, d'amener les astronautes à bord de l'ISS à l'aide d'un trampoline. Par la suite, il avait affirmé que cette déclaration était une menace réelle, que Washington avait entendue, ce qui avait sauvé l'industrie russe des sanctions.

En mai 2020, après le lancement du vaisseau Crew Dragon avec un équipage à destination de l’ISS, Elon Musk a évoqué cette déclaration et a plaisanté en disant: «le trampoline fonctionne». Dmitri Rogozine avait réagi en déclarant qu’il avait aimé la blague. Le créateur de Space X avait répondu en russe qu’il comptait sur «une coopération à long terme mutuellement bénéfique et prospère».

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Tags:
collaboration, espace, États-Unis, Russie, ISS
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