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Ouvrant aux investisseurs européens un accès «sans précédent au marché chinois», un accord entre l’UE et la Chine a été paraphé fin décembre, peu avant la fin de la présidence de l’UE assurée par Angela Merkel, indique Le Monde. Cependant, l’Allemagne est le plus important partenaire européen de Pékin.

À l’approche de la fin de sa présidence de l’Union européenne, Angela Merkel a réussi à mener à terme un traité encadrant les investissements entre la Chine et l’Union européenne, négocié pendant sept ans, alors que l’Allemagne est le premier partenaire commercial chinois en Europe, écrit Le Monde.

En effet, le quotidien explique que le volume des échanges entre les deux pays a atteint 206 milliards d’euros en 2019, soit un tiers de tous les échanges entre l’Union européenne et la Chine. Les entreprises allemandes ont exporté pour 96 milliards d’euros en Chine, laquelle y a commercialisé en retour des biens pour 110 milliards d’euros.

La relation économique de longue date entre la République populaire de Chine et l’Allemagne a permis à cette dernière de profiter d’un fort rebond économique après la crise de 2009, ajoute Le Monde.

Climat de méfiance

Cependant, Pékin a depuis mis le cap sur le développement de son autonomie dans les secteurs industriels clés et concernant sa primauté technologique. Adoptée en 2015, la stratégie Made in China 2025 vise à remplacer les importations par des innovations locales largement financées par l’État.

Dès lors, Berlin commence à se méfier, constatant que l’augmentation des investissements directs en Chine et les transferts de technologie ne favorisent ni l’ouverture de l’économie chinoise, ni l’obtention de conditions plus équitables pour les entreprises allemandes, poursuit le quotidien.

Enfin, de grands groupes chinois proches du pouvoir ont racheté de plus en plus d’entreprises allemandes de haute technologie ces dernières années, dont Kuka, spécialisée dans la robotique. Geely, constructeur automobile chinois, est de plus entré dans le capital de Daimler.

Partenaire mais «concurrent»

En 2019, le BDI, la grande fédération industrielle allemande, a appelé son pays et l’Union européenne à changer de position vis-à-vis de la Chine, perçue désormais comme un «concurrent systémique» et non plus seulement un partenaire. Le BDI a exhorté également les pays européens à s’unir pour faire face aux États-Unis et à la Chine et à renforcer leur compétitivité via des investissements dans les infrastructures et les technologies clés.

Paraphé le 30 décembre 2020, le traité d’investissement n’est rien d’autre que la mise au point des recommandations exprimées à l’époque, indique Le Monde.

«Le traité est une étape importante vers une Europe qui se montre unie sur les questions d’investissement, et un acteur fort dans l’adoption de règles mondiales. L’Union européenne est le premier acteur mondial qui a amené la Chine à des concessions sur les questions des standards sociaux», a souligné Joachim Lang, directeur du BDI, sur son compte LinkedIn le jour même.

Le texte du traité n’a pas encore été révélé. Aucune conférence de presse n’a été donnée. Cependant, certains dirigeants européens ont commenté cet accord global sur les investissements avec la Chine, dont Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui estiment que celui-ci «offrira aux investisseurs européens un accès sans précédent au marché chinois».

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Tags:
Union européenne (UE), Angela Merkel, investissements, Allemagne, Chine
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