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Procès sur l'extradition de Julian Assange vers les États-Unis (2021) (10)
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Des personnalités politiques et publiques de plusieurs pays ont commenté la décision du tribunal de Londres de refuser d'extrader le fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange, vers les États-Unis.

La décision britannique de refuser d’extrader Julian Assange, fondateur du site WikiLeaks, vers les États-Unis où il risque 175 ans de prison, est une «victoire pour Julian et une victoire de la justice», a déclaré ce lundi 4 janvier Stella Morris, compagne et avocate de M.Assange.

«Nous sommes heureux que la Cour ait reconnu la gravité et le caractère inhumain de ce qui pourrait l'attendre aux États-Unis», a indiqué Mme Morris.

Elle s'est dite préoccupée par la décision des États-Unis de faire appel.

«Raisonnement étrange du juge»

Le chef de la commission des affaires étrangères du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe), Konstantin Kossatchev, s'est félicité de la décision du tribunal britannique.

«Toutefois, le raisonnement du juge semble un peu étrange, il n’a évoqué que la propension d’Assange à se suicider», a noté le sénateur à Sputnik.

Selon le parlementaire, Londres aurait dû expliquer sa décision par l'impossibilité d'expulser les accusés vers des pays qui appliquent la peine de mort. M.Kossatchev s’est dit certain que Washington essayerait de contester le jugement actuel par le biais de pressions politiques.

L’affaire sur l’extradition pourrait prendre plusieurs années

Selon le président et membre du comité exécutif de l'Association russe de droit international, Anatoli Kapoustine, la décision sur l'appel interjeté par les États-Unis peut prendre un an.

«D’une part, ce n'est pas un citoyen britannique, et d’autre part, il est Australien. Il y a un aspect politique et psychologique. En plus, les intellectuels libéraux s’opposent activement à l’extradition», a déclaré à Sputnik M.Kapoustine.

La durée de la procédure dépendra en outre des recours auprès des autorités supérieures - la Cour suprême du Royaume-Uni et la Cour européenne des droits de l’Homme.

«Ces procédures sont très lentes […]. En général, les procédures d'extradition prennent du temps, et étant donné qu'il y a une possibilité de se défendre devant la Cour européenne des droits de l'Homme, je pense que cela durera au moins deux ou trois ans», a admis l'avocat.

Edward Snowden commente le jugement sur Assange

Le lanceur d’alerte Edward Snowden, ancien officier de la CIA et ancien employé contractuel de l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine a soutenu la décision du tribunal de Londres.

«Que cela s'arrête là», a-t-il écrit sur Twitter.

M.Snowden se trouve actuellement en Russie où il s’est réfugié après avoir déclenché, en juin 2013, un scandale international majeur en transmettant des documents classifiés au Washington Post et au Guardian concernant les programmes de surveillance en ligne des services secrets américains et britanniques.

La liberté de la presse n’aurait pas triomphé

Selon l'ancien journaliste du Guardian Glenn Greenwald, le tribunal britannique a confirmé la plupart des chefs d’accusation pesant sur Julian Assange aux États-Unis et a refusé de l’extrader uniquement en raison du caractère inhumain du système pénitentiaire américain.

«Ce n'est pas une victoire pour la liberté de la presse. Bien au contraire: la juge a clairement indiqué qu'à son avis, il y avait des raisons de poursuivre Assange en relation avec la publication de 2010», a indiqué le journaliste sur Twitter.

Assange devrait rentrer en Australie «en homme libre»

Le député australien Andrew Wilkie a qualifié la décision du tribunal britannique de remarquable, appelant le Premier ministre britannique à libérer Julian Assange et les États-Unis à renoncer à faire appel.

«Et le Premier ministre australien devrait le laisser rentrer chez lui en homme libre. Assange a toujours été un héros, pas un méchant», a-t-il écrit sur Twitter.

Amnesty International dénonce la participation de Londres à «un procès politique»

L’ONG Amnesty International a aussi soutenu le refus d'extrader Assange.

«Nous nous félicitons du fait que Julian Assange ne sera pas envoyé aux États-Unis, mais cela ne dispense pas le Royaume-Uni de s’être engagé dans ce procès à motivation politique à la demande des États-Unis et de juger la liberté des médias et la liberté d’expression», a déclaré l’organisation sur Twitter.

Refus d’extrader Assange

La justice britannique a décidé ce lundi 4 janvier que Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, ne devait pas être extradé vers les États-Unis où il est accusé d'espionnage et de conspiration pour avoir diffusé en 2010 des centaines de milliers de documents confidentiels concernant l'armée américaine.

La juge Vanessa Baraitser a expliqué avoir des craintes pour sa santé.

Après cette décision judiciaire, le Président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a offert l’asile politique à M.Assange. Le Mexique entend solliciter auprès du gouvernement britannique sa libération.

Washington a annoncé son intention de faire appel. Une audience sur la libération sous caution de M.Assange devrait se tenir le 6 janvier.

Assange détenu à Londres depuis 2019

Julian Assange purge actuellement une peine dans la prison de haute sécurité de Belmarsh à Londres pour avoir enfreint les conditions de sa libération sous caution. Il a été arrêté le 11 avril 2019 après être resté pendant sept ans à l’ambassade d’Équateur dans la capitale britannique.

Aux États-Unis, Julian Assange risque 175 ans de prison. La justice américaine a formulé 18 chefs d’accusation contre lui, notamment pour espionnage. Selon les avocats de M.Assange, le jugement actuel ne marque que la phase initiale du procès et l'examen du dossier sur l’extradition prendra de longues années et pourrait atteindre la Cour suprême britannique ou la Cour européenne des droits de l'Homme.

Dossier:
Procès sur l'extradition de Julian Assange vers les États-Unis (2021) (10)

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liberté de la presse, Edward Snowden, Russie, justice, Londres, États-Unis, extradition, Julian Assange
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