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Le coup d’État en Birmanie résulte-t-il d’une ingérence étrangère? Analyse de Pierre Picquart, docteur en géopolitique et en géographie humaine à l’université de Paris-VIII, spécialiste de la Chine et du monde chinois, au micro Rachel Marsden.

Le 1er février, l’armée birmane a renversé le gouvernement civil. Ce putsch a mis fin à dix ans d’une fragile transition démocratique. Les militaires contestaient la victoire écrasante aux élections législatives de novembre 2020 de la Ligue nationale pour la démocratie (LND). La formation d’Aung San Suu Kyi menaçait leur omniprésence dans la politique birmane.

L’armée a arrêté celle qui dirigeait le gouvernement et d’autres membres de son parti, dont l’ex-président Win Myint. Les partisans de la lauréate du prix Nobel de la paix 1991 ont déferlé dans les rues. Imperturbable, la junte réprime les manifestations et porte plainte contre Aung San Suu Kyi, retenue prisonnière. L’armée l’accuse d’avoir violé «une loi sur les importations et les exportations»!

Le président birman Win Myint avec le ministre chinois des Affaires Etrangères, Wang Yi en Birmanie (Photo de Thar Byaw / MYANMAR STATE COUNSELLOR OFFICE / AFP)
© AFP 2021 Thar Byaw / AFP PHOTO / MYANMAR STATE COUNSELLOR OFFICE
Pourquoi un tel coup de force? Qui tient dorénavant les rênes à Naypyidaw? Et quelles sont les relations entre les différentes factions birmanes et les puissances étrangères? Par exemple, les États-Unis se sont empressés de condamner le coup d’État. La Russie et la Chine, elles, s'opposent à toute ingérence extérieure, comme à l'accoutumée. Elles ont mis leur veto à une réprobation officielle du Conseil de sécurité de l’Onu.

Alors, que se passe-t-il vraiment en Birmanie? La situation du pays donne-t-elle lieu à des tractations internationales en coulisses?

Pierre Picquart, docteur en géopolitique spécialisé dans la Chine et le monde chinois, est persuadé que la situation sur place découle de différends internes. Il l’explique par le mécontentement de l’armée:

«Le recours au coup de force fait qu’il est très facile pour les militaires d’être entendus ou, au moins, de montrer qu’ils sont finalement les plus forts et que c’est eux qui dirigent le pays en dernier ressort.»

Mais quel est l’impact du coup d’État pour la Chine, qui avait beaucoup misé sur la Birmanie? Le docteur en géopolitique n’est pas optimiste pour Pékin:

«Je ne pense pas que la Chine soit gagnante, dans la mesure où elle avait investi énormément auprès du pouvoir birman afin de développer des couloirs et des infrastructures importantes. Donc, à ce jour, on peut penser que Pékin est plutôt perdant.»

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Joe Biden, Chine, Russie
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