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Malgré l’annulation du Salon de l’agriculture de Paris, les échanges se poursuivent entre les professionnels d’un secteur vital. Organisé par le club d'affaires «Nouveaux Horizons», le Forum agricole franco-russe a donné la parole aux officiels et aux producteurs des deux pays.

Le coronavirus a eu raison de l'édition 2021 du Salon international de l'agriculture de Paris, qui se tient début mars depuis plus de cinquante ans. Lors de l'opération le Salon à la ferme, qui l’a remplacé cette année, la représentation commerciale russe a hébergé un Forum agricole franco-russe.

«Même si le secteur énergétique occupe 80% de l’export russe en France, même si on collabore dans les technologies aéronautiques et nucléaires, l’agriculture reste un des domaines d’échanges les plus importants», rappelle au micro de Sputnik Mikhaïl Makarov, représentant commercial de la Russie en France.

Une centaine de participants issus du monde agricole ont étés mobilisés dans les deux pays par le club d'affaires Nouveaux Horizons.  Même si une téléconférence n’est pas dans les habitudes de ces femmes et hommes de la terre, chacun y a trouvé son compte. Un échange stimulant dans le contexte des sanctions dont la Russie fait toujours l’objet.

«Il faut tenir compte du grand potentiel de la Russie dans l’agriculture. L’installation des entreprises françaises sur le territoire russe est avantageuse pour les deux parties», souligne Mikhaïl Makarov.

Lors du Forum, les représentants des ministères de l'Agriculture des deux côtés succédaient aux gérants des grandes entreprises du territoire de l'Altaï. Les ambassadeurs de la région de Stavropol et du Bachkortostan échangeaient avec des dirigeants d'organisations professionnelles françaises. Une attention particulière a été portée à l'expérience d'entreprises françaises (tels que Savencia, Gautsier Semences) opérant avec succès en Russie.

«Ainsi, les Français peuvent vendre leurs produits en Russie sans s’exposer à des sanctions. Les régions russes sont gagnantes aussi, parce que cela crée des emplois et qu’elles profitent des technologies françaises», a conclu Mikhaïl Makarov.

Les tendances mondiales dans l'agriculture et les besoins croissants en produits alimentaires de haute qualité ont poussé les agriculteurs français indépendants à développer leur propre agro-industrie sur le territoire russe. On a dévoilé aux participants du Forum la montée d’une production de fromages et de pâtés dans la région de Koursk et un projet de village français dans l'Oural.

Les Français ont découvert des entreprises russes. Notamment Goût de Stavropol, producteur et exportateur de fraises installé au pied du Caucase, et le complexe agricole Prigorodnoye, leader régional dans le domaine des semences, basé près de la ville de Barnaoul, capitale administrative du kraï (région) de l'Altaï.

La production bio monte

L’échange entre professionnels a fonctionné dans les deux sens. Les représentants du syndicat agricole Coordination rurale, de la Fédération des entreprises agricoles françaises (FNSEA) et  de l'association Paysans du monde ont pris la parole.

«Cette année, il était important de rester ouverts dans un monde qui se fermait», explique au micro de Sputnik Sébastien Abis, directeur du club Demeter, participant au Forum.

«Dans le monde qui se fermait pour des raisons sanitaires, ça pourrait être paralysant demain si nos pays ne coopèrent pas.  Face au défi alimentaire mondial, on a besoin de produire partout sur la planète, de partager des expériences. Le Forum l’a très bien montré», a détaillé Sébastien Abis.

Il y a un an, une importante délégation d’entrepreneurs de la filière bio de Russie s’est rendue au Salon international de l'élevage SPACE, à Rennes. Et la tendance n’est pas près de s’inverser!

«On observe une grande croissance de produits bio dans nos exportations. Même si l’année a été difficile, l’agriculture reste un secteur où nous n’avions pas réussi à contrecarrer les pertes par la croissance», rappelle Mikhaïl Makarov.

Pour plus de 900 millions de dollars d’importations françaises en Russie, «l’export des produits agricoles vers la France a augmenté de 50%», comme nous l’a indiqué le responsable de la représentation commerciale russe.

Le directeur de Demeter est porteur d’une vision géostratégique du secteur agricole et agro-alimentaire. Pour lui, le fait que «le consommateur devienne exigeant en France et en Russie» oblige à «rapprocher l’offre et la demande». Selon Sébastien Abis, le monde agricole actuel se modernise et cette «modernisation passe par des changements de pratiques». Notamment pour diminuer l’empreinte écologique et préserver la biodiversité.

 «On sait que, en Russie, il y a encore des terrains vierges, sur lesquels il y a des espaces à conquérir, des développements à proposer sur des sols naturels, sains. Avec ces techniques respectueuses de l’environnement, l’agriculture russe sera demain très bénéfique pour la biodiversité», conclut Sébastien Abis.

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Tags:
France, Russie, coopération, monde rural, Coordination Rurale, agriculture
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