International
URL courte
Par
8389
S'abonner

Une veillée pacifique tenue en l’honneur d’une Londonienne tuée début mars a dégénéré le 13 mars au soir en heurts entre la police et les participants qu’elle visait à disperser. Face aux scènes de violences largement diffusées sur Twitter, la cheffe de la police métropolitaine a reçu des messages demandant sa démission.

Important émoi au Royaume-Uni après que des centaines de personnes ont souhaité rendre hommage à Sarah Everard, trentenaire londonienne assassinée début mars.

Malgré l’interdiction de se rassembler en cette période de pandémie, une veillée pacifique aux bougies s’est déroulée le 13 mars au soir dans le sud de la capitale britannique, au kiosque à musique de Clapham, devenu un lieu de recueillement pour cette femme disparue le 3 mars et dont le corps a été découvert dans un bois à Kent où vit le policier de 48 ans inculpé pour son enlèvement et meurtre. Arrêté depuis vendredi, c’est mardi prochain qu’il devra se présenter au tribunal.

Ce n’est pas seulement pour rendre hommage à Sarah, mais aussi pour demander la fin des violences faites aux femmes que des centaines de personnes se sont réunies. La police métropolitaine est intervenue.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent les agents en train de saisir les participants, principalement les femmes, et les emmener menottés.

Plus tard, la police a fait part de quatre arrestations en lien avec le non-respect de l’ordre public et du code sanitaire.

Plus tôt dans la journée, Kate Middlton s’était également rendue sur les lieux pour rendre hommage à Sarah Everard.

Les réactions s’enchaînent

Tout en qualifiant les scènes d’«inacceptables», le maire de la capitale Sadiq Khan a déclaré sur Twitter que la réponse à la situation liée au Covid «n’était parfois ni appropriée ni proportionnée»:

«Je suis en contact avec la commissaire et je cherche de toute urgence une explication.»

La ministre de l’Intérieur Victoria Atkins a pour sa part jugé les scènes de «très bouleversantes» et a demandé un rapport de la police métropolitaine:

«Hier soir […] il y avait beaucoup d’émotion, tout à fait compréhensible, et la police, étant indépendante sur le plan opérationnel, devra expliquer ceci à la ministre de l'Intérieur», a-t-elle déclaré auprès de SkyNews.

La cheffe de la police métropolitaine de Londres, Cressida Dick, a reçu des messages demandant sa démission. Ainsi, les hashtags #DickOut et #Cressida se sont retrouvés dans le top des tendances sur Twitter au Royaume-Uni. Parmi ceux exigeant sa démission, le chef de l'opposition Keir Starmer ainsi que le leader des Libéraux-Démocrates:

La police s’explique

En commentant les événements, la commissaire adjointe de la police métropolitaine, Helen Ball, a tenu à souligner ce dimanche dans un communiqué que les agents avaient été mis dans une position «où des mesures coercitives étaient nécessaires» à cause de «la nécessité impérieuse de protéger la sécurité des personnes».

Le communiqué indique que les policiers ont demandé aux participants rassemblés de partir. Une grande majorité l’a fait mais «malheureusement, une petite minorité de personnes a commencé à scander en face des agents, poussant et jetant des objets.»

Lire aussi:

L'ancien ministre Éric Raoult est mort
Expulsion de diplomates, interdiction d'entrée: Moscou riposte aux sanctions US
Repas haut de gamme: une sénatrice surprise par Mediapart à la sortie d’un déjeuner dans un hôtel
Tags:
meurtre, violences, police, femmes, Londres
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook