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Alors que la Syrie célèbre le triste anniversaire de sa guerre civile, qui a débuté il y a 10 ans, l’envoyé spécial du secrétaire général pour ce pays proche-oriental prône un nouveau dialogue pour la paix qui inclura, entre autres, la Russie, la Turquie et les pays arabes.

La guerre civile en Syrie a commencé il y a pile 10 ans, le 15 mars 2011. Mais malgré d’innombrables tentatives de la communauté internationale de réconcilier les parties en conflit, peu de choses semblent avoir bougé depuis et la Syrie d'aujourd'hui ressemble peu au havre de paix qu'elle était jadis. Lors d’une conférence de presse de l’Onu dédiée à la question, l’envoyé spécial du secrétaire général pour la Syrie Geir Otto Pedersen a tenu à souligner qu’un dialogue international s’imposait pour que le calme revienne dans ce pays où la guerre dure depuis presque aussi longtemps que la Première et la Deuxième Guerres mondiales combinées.

Selon lui, pour parvenir à la mise au point d’une solution politique, «la seule possible», «un engagement créatif et de haut niveau des principaux acteurs internationaux concernés» est nécessaire.

«Nous devrons impliquer d'une manière ou d'une autre les États-Unis, la Russie, l'Iran, la Turquie, les États arabes et l'Union européenne, et, je l'ai également mentionné plus tôt, tous les membres permanents du Conseil [de sécurité de l'Onu, ndlr]», a-t-il déclaré.

Le format de Genève

L’envoyé spécial du secrétaire général pour la Syrie a d’ailleurs regretté qu’en 10 ans l’Onu n’ait toujours pas réussi à trouver une solution au conflit. En 2015, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité la résolution 2254 qui appelle à un cessez-le-feu et à une résolution politique du conflit en Syrie. Pourtant, les négociations de Genève sous l’égide de l’Onu qui ont commencé en 2016 se sont enlisées depuis presque le début, n'apportant pas de résultats probants.

… et celui d’Astana

En parallèle des pourparlers de Genève, la Russie, l'Iran et la Turquie, à l’initiative de Moscou, se sont mis à la table des négociations pour tenter de trouver une solution au conflit. Bien que ce format n’ait pas résolu le conflit syrien, il s’est avéré plus fructueux avec notamment la mise au point des zones de désescalade dans le pays. En outre, réunies en décembre 2017 avec l'envoyé spécial de l'Onu pour la Syrie, les trois parties ont convenu de la tenue du Congrès du dialogue national syrien à Sotchi en janvier 2018, dont le résultat principal sera la décision de créer le comité constitutionnel opérant à Genève en charge de préparer la réforme constitutionnelle dans le pays.

Avec l’initiative d’Astana, la diplomatie russe a de nouveau fait preuve de sa volonté de trouver une solution pacifique en Syrie. Pour rappel, c’est grâce à Moscou qu’en 2013, après le signalement de l’utilisation en Syrie d’arme chimique imputée aux forces gouvernementales syriennes - lorsque la fameuse «ligne rouge» de Barack Obama a été franchie - que la Syrie a évité une intervention militaire internationale: à l'issue des négociations des chefs de diplomatie russe et syrien, il a été décidé que Damas adhérait à la Convention sur l'interdiction des armes chimiques.

Un conflit protéiforme

À la question de savoir pourquoi le conflit syrien traîne depuis si longtemps, il n’y a, certes, pas de réponse simple. Selon M.Pedersen, ce conflit est aujourd’hui «le plus internationalisé». Des experts russes sont unanimes pour dire que c’est la variété ethnique de la société syrienne ainsi que la variété d’acteurs «tiers» qui rendent le processus de paix en Syrie aussi complexe. Alors qu’au début du conflit il s’agissait d’une crise politique entre le gouvernement et l’opposition, au fur et à mesure de la guerre, certains groupes radicaux ont profité de l’instabilité dans le pays pour s’y installer. Ainsi, en 2014, le groupe terroriste Daech* a proclamé sur des territoires syriens et irakiens son califat, suite à quoi, en 2015, Moscou a dû entamer, à la demande du Président Bachar el-Assad, une opération militaire anti-terroriste dans ce pays.

Un autre élément, la présence sur le sol du pays des Kurdes, qui se veulent être une force politique à part entière, ne fait qu’aggraver la situation. Les Kurdes, ennemis jurés du dirigeant turc Erdogan, contrôlent une partie du nord-est de la Syrie, impliquant ainsi dans le conflit la Turquie.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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