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Tandis que les tensions entre les États-Unis d’un côté et la Chine et la Russie de l’autre se sont exacerbées la semaine dernière, le ministre russe des Affaires étrangères a, à la veille d’une rencontre avec son homologue chinois, étrillé les violations du droit international par Washington, notamment sur l’Iran.

Les passes d’armes musclées de la semaine dernière entre Biden et Poutine, le premier qualifiant le second de tueur, puis entre les délégations américaines et chinoises en Alaska sur leurs politiques respectives, continuent de produire des conséquences.

En visite de travail en Chine pour des négociations avec son homologue, le ministre russe des Affaires étrangères a critiqué dans une interview à la presse chinoise la pratique des États-Unis qui consiste à adopter des sanctions unilatérales contre certains pays, parfois «introduites en contournant le Conseil de sécurité de l’Onu».

À cet égard, le chef de la diplomatie russe est revenu sur la situation autour de l'Accord de Vienne sur le nucléaire iranien, duquel les États-Unis se sont retirés il y a deux ans de manière unilatérale. L’Iran est d’ailleurs toujours impacté par les sanctions décrétées par Washington.

En se retirant de l’accord sur le nucléaire, les États-Unis «n’ont pas seulement cessé de s’acquitter de leurs obligations, ils ont aussi interdit à tous les autres pays de se conformer à la résolution du Conseil de sécurité de l’Onu», affirme Sergueï Lavrov.

Face à cet acte hostile de Washington, il avance que l’Occident s’est interrogé: «Que pouvons-nous y faire? C’est ce que les États-Unis ont décidé. Il serait bien qu’ils continuent à respecter la résolution sur le programme nucléaire iranien, mais telle est la réalité».

Cependant, pour le ministre russe des Affaires étrangères, «ce n’est pas la réalité. C'est une violation flagrante du droit international, la démonstration de l'incapacité des États-Unis à tomber d'accord avec un autre État. J’espère que maintenant, l’administration américaine qui avait manifesté le souhait de revenir dans l’accord le fera».

Par ailleurs, Sergueï Lavrov explique que de concert avec la Chine, et «avec un grand nombre d'autres personnes partageant les mêmes idées, nous soulevons fermement cette question auprès des différentes institutions internationales, dont l’Onu».

Un retour à l’accord conditionné

Le 27 janvier, le secrétaire d’État des États-Unis Antony Blinken a déclaré que «si l’Iran respecte à nouveau pleinement ses engagements en vertu de l’accord [sur le nucléaire], les États-Unis en feront autant».

En février, le guide suprême iranien Ali Khamenei avait conditionné le retour de son pays dans l’accord nucléaire de 2015, dont le pays s’est progressivement retiré suite à l’acte des États-Unis, à la levée des sanctions américaines imposées sous la présidence de Donald Trump. Selon Le Times, mi-février, l’administration Biden étudiait la possibilité d’assouplir les mesures restrictives décrétées contre l’Iran sous Trump.

Pourtant, le 5 mars, elle a décidé de proroger d’un an les sanctions contre Téhéran, accusé de soutien au terrorisme.

Des mesures introduites au nom de la défense des droits humains, selon Antony Blinken.

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Tags:
Sergueï Lavrov, Joe Biden, nucléaire, Iran
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