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Attaques et poursuites en tout genre: dans les pays baltes, il ne fait pas bon travailler dans la presse de langue russe! La Fédération européenne des journalistes en vient même à parler de violations de la liberté d'expression.

La Lettonie, la Lituanie et l'Estonie réclament des mesures de l'Union européenne contre le groupe de presse international Rossiya Segodnya. Et ce en droite ligne des sanctions personnelles imposées en 2014 à Dmitri Kisselev, directeur général de l'agence. Désormais, ceux qui ont collaboré avec cet organe sont accusés d'avoir enfreint la loi européenne. Ils encourent des poursuites judiciaires.

Dernier événement en date: le procureur général de Lettonie a refusé d’abandonner les poursuites contre Alla Berezovskaya. Elles avaient été engagées dans le cadre de la collaboration du journaliste avec Rossiya Segodnya.

Cet incident vient s’ajouter à une longue liste d’attaques contre la presse russophone. L’année dernière, le Conseil national letton des médias (NEPLP) a plaidé pour qu'une «décision similaire soit prise par d'autres États membres de l'Union européenne». Le but? Notamment, interdire de diffusion la chaîne Russia Today (RT).

Et même si le NEPLP suggérait de «garder une place» pour les médias russophones sur Internet,  la Lettonie a commencé tout de même le blocage d'accès au site de RT en russe sur son territoire. La situation n’est pas inédite. L'an dernier, la Lettonie et la Lituanie avaient déjà interdit à quelques chaînes du groupe RT d’émettre sur leurs territoires.

Par la voix de Ricardo Gutiérrez, son Secrétaire général, la Fédération européenne des journalistes (FEJ) condamne une fois de plus «toute mesure qui limite la libre circulation de l'information ou la capacité d'action des journalistes».

«Nous pouvons comprendre que des sanctions diplomatiques visent des représentants politiques ou des hommes d'affaires. Mais nous estimons qu'elles ne doivent en aucun cas cibler des journalistes et porter ainsi atteinte aux libertés fondamentales», souligne Ricardo Gutiérrez au micro de Sputnik.

En décembre 2020, des journalistes lettons russophones, y compris ceux qui collaboraient avec les médias Baltnews et Sputnik Lettonie, ont été accusés de violation du régime de sanctions de l'UE. Des perquisitions ont été menées à leurs domiciles. Et les accusations ont été portées en vertu de l'article 84 du Code pénal letton, «Violation du régime de sanctions de l'UE». Les prévenus encourent des peines allant d'une amende à l’incarcération.

Le président de la FEJ estime que «la Lituanie et la Lettonie font fausse route» en s'inspirant des «mesures liberticides pratiquées par les régimes autoritaires».

«Nous appelons les gouvernements lituanien et letton à recouvrer la raison et à respecter les standards européens de liberté de la presse. Par leurs agissements, ces dirigeants violent leur propre engagement à respecter et à garantir l'exercice des libertés fondamentales, à commencer par la liberté d'expression et la liberté des citoyens à accéder à l'information», conclut le président de la FEJ.

En décembre 2019, des journalistes de Sputnik Estonie ont reçu des lettres officielles les menaçant de poursuites s'ils ne mettaient pas fin à leur collaboration avec le groupe Rossiya Segodnya avant le 1er janvier 2020. À l’époque, le ministre estonien des Affaires étrangères avait commenté cette situation: «La République d'Estonie ne cède aux pressions d'aucun État étranger sur les questions liées à la mise en œuvre des lois sur le territoire de la République

Y a-t-il une chance que les autorités prêtent l’oreille à la voix de la Fédération européenne des journalistes, qui représente 320.000 professionnels des médias dans quarante-cinq pays d'Europe? Cette organisation a dénoncé «à maintes reprises les restrictions de la liberté de la presse affectant les médias russophones dans les pays baltes».

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Tags:
Ricardo Gutiérrez, liberté d'expression, Fédération européenne des journalistes, Lituanie, Lettonie
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