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Moscou ne rejette pas l’idée d’un système de paiement de type SWIFT alternatif. La déconnexion éventuelle de la Russie de ce réseau bancaire international et le développement des monnaies numériques et de la blockchain sont des facteurs qui y sont favorables.

La Russie n’exclut pas de lancer son propre système de paiement de type SWIFT face aux risques d’une éventuelle déconnexion du système bancaire national de ce réseau bancaire international et au développement des monnaies numériques et de la blockchain, a déclaré ce 5 avril le vice-ministre des Affaires étrangères Alexandre Pankine dans un entretien à Sputnik.

«Compte tenu du développement rapide des monnaies numériques et de la blockchain, il est évident que la base des règlements internationaux peut se former sur une base technologique complètement nouvelle», précise-t-il.

Pour le vice-ministre, le développement de systèmes SWIFT alternatifs, qui seront plus avancés et ne revendiqueront pas de monopole dans ce domaine, est «non seulement une réponse à la réalité géopolitique actuelle, mais aussi une réponse à la nécessité de moderniser les moyens de paiement, en tenant compte des avancées modernes dans le domaine du numérique».

La déconnexion potentielle

Des risques de déconnexion se sont profilés en décembre dernier après que Reuters a évoqué dans un article du 20 décembre une éventuelle mise à l’écart de la Russie de SWIFT. Cette sanction aurait été parmi les mesures les plus dures envisagées par l’administration Biden dans le cadre de nouvelles restrictions contre la Russie, qu’elle avait accusée de cyberattaque contre des réseaux gouvernementaux américains.

Interrogé fin décembre par Sputnik, le directeur exécutif du département des marchés financiers de la société Univer Capital avait rappelé que certains pays étaient d’ores et déjà coupés de SWIFT, notamment l’Iran, mais continuaient de commercer.

Une solution SWIFT russe

Commentant la déclaration d’Alexandre Pankine, Viktor Dostov, président du Conseil de l'association des acteurs du marché des monnaies numériques et du transfert de fonds, note ce lundi 5 avril qu’il existe déjà un remplaçant pour les opérations dans le pays, il s'agit du système de messagerie financière russe (SPFS).

«C'est plus difficile avec les transactions internationales - environ 23 banques étrangères sont connectées au système. SWIFT est donc toujours indispensable pour participer au système financier international», ajoute-t-il.

Un nouveau format de système

L’expert indique également que les pays réfléchissent en effet à une manière d'augmenter l'efficacité du système existant de messagerie financière pour le rendre moins dépendant de l'environnement politique et des opérateurs individuels.

«La solution réside peut-être dans le domaine de l'utilisation de registres distribués - mais la transition vers une nouvelle infrastructure exigera des actions coordonnées dans différents pays et le développement de nouvelles normes uniformes», suggère-t-il.

La création de SWIFT

SWIFT a été fondée en 1973 par 239 banques de 15 pays qui se sont réunies pour régler le problème de la communication entre elles sur les paiements transfrontaliers. Au moment de la mise en service de SWIFT, quatre ans plus tard, 518 institutions de 22 pays étaient connectées aux services de sa messagerie.

Aujourd’hui, les produits et les services de SWIFT «connectent plus de 11.000 organisations bancaires et de titres, infrastructures de marché et entreprises clientes dans plus de 200 pays et territoires, leur permettant de communiquer et d'échanger des messages financiers», indique la société dans une brochure.

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Tags:
Joe Biden, États-Unis, SWIFT, Russie
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