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Emboîtant le pas à Clément Beaune, Thierry Breton a lui aussi critiqué Renaud Muselier, qui a précommandé du Spoutnik V pour la région PACA. Celle-ci «n’en aura pas besoin», assure-t-il, tout en rappelant que sept millions de doses de Pfizer ont été commandées.

En revenant sur la précommande de doses du Spoutnik V faite par le président de la région PACA, Thierry Breton a pointé une nouvelle fois l’absence de besoin pour le vaccin russe en France en raison de la livraison prévue d’un lot de doses du Pfizer.

Au lendemain de l’annonce sur les 50 millions de doses de plus destinées à l’UE, le commissaire européen a précisé ce 16 avril au micro d’Europe 1 que sur les sept millions réservés pour la France, «rien que pour la région PACA, il y en aura 534.000».

«Ce sont des doses que Renaud Muselier n'avait pas prévues et qui ne seront pas à la charge de ses concitoyens», a-t-il lancé.

En plus de cela, ces vaccins, qui «sont déjà fabriqués», seront livrés au deuxième trimestre, soit entre avril et juin.

Ce alors qu’en cas d’autorisation du Spoutnik V en Europe, sa livraison ne pourrait pas avoir lieu avant la fin de l’année à cause du temps nécessaire à la mise en place d’une usine de production, affirme M.Breton. Comme il s’agit d’un médicament à vecteur viral sa conception, à l’instar de l’AstraZeneca, prend «entre 85 et 100 jours», d’après lui.

Quant aux vaccins à ARM messager, leur délai de production est de 70 à 90 jours, a-t-il souligné.

Renaud Muselier «mal informé»

Le commissaire européen a également supposé que Renaud Muselier était «mal informé» sur le temps de livraison en cas de signature du contrat.

«En tout état de cause, la bonne nouvelle, c'est que je lui annonce qu'il n'en aura pas besoin», conclut-il.

Renaud Muselier a déjà été interrogé à propos du délai de livraison des doses. «Si vous ne les précommandez pas, vous ne risquez pas d’en avoir», a lancé le président de la région PACA, ajoutant qu’il s’agissait d’«une précommande de façon à venir additionner ces vaccins dans le cadre des règles européennes et de la campagne de vaccination nationale dans ma région».

Cette approche a été jugée irresponsable par le secrétaire d'État chargé des Affaires européennes Clément Beaune, selon lequel il n’est pas prudent de créer des différences entre les régions d’un seul et même pays et prônant une politique vaccinale «égalitaire pour tous les Français». Il a cependant évoqué la possibilité de commander le vaccin russe dans le cas de son approbation par les autorités sanitaires européennes.

«Trop tard pour utiliser le Spoutnik V»

L’inutilité du vaccin russe dans le cadre de l’actuelle campagne de vaccination européenne a été mise en exergue par Thierry Breton auprès du magazine allemand Der Spiegel. Selon lui, «il est tout simplement trop tard pour utiliser le Spoutnik V pour notre objectif de faire vacciner tous les Européens d'ici l'été».

Fin mars, le «Monsieur vaccin européen» a confié n’avoir aucun doute quant à l’efficacité du Spoutnik V, tout en affirmant ne pas souhaiter «qu’on déstabilise aujourd’hui notre chaîne de production focalisée à 100% sur des vaccins qui ont déjà été approuvés par nos autorités de santé et qu’il faut livrer maintenant, dans les mois qui viennent».

La polémique a pris de l’essor après que Thierry Breton a annoncé le 21 mars que «nous n’aurons absolument pas besoin de Spoutnik V», «un vaccin en complément» compte tenu du grand nombre des ceux autorisés en Europe.

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Tags:
Pfizer, vaccin, Thierry Breton, Spoutnik V, Renaud Muselier
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