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Bien que le Président américain ait affirmé que Washington n’allait pas «chercher une escalade» dans les relations de son pays avec la Russie, la diplomatie russe a constaté que «les intentions de l'administration américaine actuelle» étaient «en incohérence avec ses actes», rappelant les «tentatives de pression» et les «accusations infondées».

Moscou se félicite des déclarations de Joe Biden sur l'intention d'éviter une escalade des tensions avec la Russie, mais le fait est que les paroles et les actes de l'administration américaine actuelle divergent, a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, au sujet du discours du Président des États-Unis devant le Congrès.

«Le message laisse une double impression. Il est évident que nous nous félicitons une nouvelle fois de l'intention déclarée d'éviter l'escalade avec la Russie et de coopérer [...] Mais, malheureusement, les intentions de l'administration américaine actuelle sont en désaccord avec ses actes et le discours traditionnel devant les législateurs, déclaratif, ne fait que confirmer que Washington n'est pas prêt pour l’instant à renoncer aux tentatives inutiles de pression ni aux accusations infondées envers notre pays concernant une présumée activité malveillante», a-t-elle indiqué lors d’une conférence de presse.

Elle a relevé une nouvelle fois l’état déplorable des relations bilatérales.

«Si la partie américaine souhaite vraiment dialoguer, il est temps de rejeter la rhétorique conflictuelle et de faire des démarches pour redresser l'état anormal dans lequel se sont retrouvées les relations bilatérales par la faute des États-Unis. Sinon, le glissement sur le plan incliné continuera», a fait remarquer Maria Zakharova.

«Dans l’intérêt mutuel»

Dans son discours devant le Congrès, «à un jour du centième jour» de la prestation de serment, Joe Biden a évoqué une nouvelle fois la supposée ingérence de Moscou dans les élections américaines ainsi que les cyberattaques que la Russie aurait lancées contre le gouvernement et le monde des affaires américains.

Il a toutefois affirmé que l’administration n’allait pas «chercher une escalade» dans les rapports bilatéraux et a constaté que les deux pays pouvaient «coopérer quand [c’était] dans leur intérêt mutuel».

«Nous l'avons fait lorsque nous avons prorogé le traité New START sur les armes nucléaires et nous travaillons à le faire sur le changement climatique», a-t-il affirmé, rappelant qu’il avait réuni pour le Sommet du climat en visioconférence les dirigeants des «principales économies du monde», notamment la Russie, la Chine, l’Inde et l’Union européenne.

«Moments schizophréniques»

L’ancien Président russe Dmitri Medvedev, aujourd’hui chef adjoint du Conseil de sécurité russe, a constaté de son côté que les relations russo-américaines encaissaient coup sur coup depuis plusieurs années et qu’elles étaient «en fait retournées à l'époque de la guerre froide». Il a rappelé dans ce contexte la crise des missiles de 1962, lorsque «à cinq minutes de la guerre», la situation avait été sauvée par les dirigeants des deux pays de l’époque. Lesquels avaient su évaluer la situation, dialoguer d’égal à égal et accepter «la sagesse d’un compromis».

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a estimé qu’il était temps de «remettre à zéro tout ce que Barack Obama avait commencé lorsque, quelques semaines avant de quitter la présidence, en claquant la porte et en faisant preuve d'irritation, il avait saisi des biens russes, violant ainsi absolument toutes les conventions de Vienne, et avait expulsé des diplomates russes».

Le ministre a rappelé que la Russie avait fait preuve de patience «pendant longtemps: nous avons attendu tout l'été 2017 avant de réagir, car l'administration Trump nous avait demandé de ne pas réagir aux excès de l'administration Obama sortante». Sergueï Lavrov a indiqué que l'administration Trump n'avait pas non plus réussi «à ramener cette situation à la normale» et que celle de Biden continuait «de glisser sur ce mauvais chemin» et vivait parfois des «moments schizophréniques».

Tensions

Les relations entre la Russie et les États-Unis se sont particulièrement dégradées dernièrement. Le 15 avril, Washington a annoncé décréter des sanctions et expulser 10 diplomates russes, en représailles à une présumée ingérence dans l'élection présidentielle de 2020 et à la cyberattaque contre SolarWinds, dont la responsabilité est imputée à Moscou par l’administration Biden.

Et alors que la Russie avait rappelé depuis plus d’un mois son ambassadeur à Washington, elle a recommandé à l'ambassadeur américain à Moscou, John Sullivan, de rentrer dans son pays pour «consultations». Le diplomate a depuis quitté la capitale russe.

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Tags:
relations bilatérales, États-Unis, Russie
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