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En réponse aux récentes sanctions de Bruxelles à l’égard de Moscou, la diplomatie russe a placé huit ressortissants de l’UE, dont le président du Parlement européen, sur la liste des personnes dont l’entrée en Russie est interdite. L’Union a ensuite condamné cette décision la jugeant «dénuée de fondement».

Au lendemain de l'adoption par le Parlement européen d’une résolution sur la Russie, le ministère russe des Affaires étrangères a publié le 30 avril une liste de huit citoyens de l’UE dont l’entrée en Russie est interdite. Parmi les personnes concernées figurent le président du Parlement européen David Maria Sassoli et le membre de la délégation française à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe Jacques Maire. 

La vice-présidente de la Commission chargée du respect des valeurs de l'Union européenne et de la transparence, Vera Jourova, est également sanctionnée.

Ces sanctions diplomatiques sont une réponse aux «mesures restrictives unilatérales illégitimes» que Bruxelles continue à entreprendre «à l'encontre de citoyens et d'organisations russes», précise la note. Plus concrètement, ces mesures ont été prises en réponse aux sanctions contre six citoyens russes introduites par le Conseil de l’UE les 2 et 22 mars.

«De telles actions de la part de l'Union européenne ne laissent aucun doute sur le fait que leur véritable objectif est de freiner à tout prix le développement de notre pays […], de lancer ouvertement un défi à l'autonomie des politiques intérieure et extérieure russes», souligne le document.

Aggravation des relations «sans précédent»

Dans un commentaire publié juste après la parution du communiqué en question, la porte-parole de la diplomatie russe annonce que la note relative aux sanctions a été rendue à l'ambassadeur de l'UE en Russie Markus Ederer.

«Sur la base de la réciprocité, l'entrée sur le territoire de la Russie est interdite à huit citoyens des États membres de l'UE et aux représentants des structures européennes. Leurs noms ont été publiés compte tenu du caractère sans précédent des complications dans les relations russo-européennes initiées par l'Union», expose M.Zakharova.

«Nous nous réservons le droit de continuer à réagir à toute action inamicale de l'UE de ce type.»

D’après le ministère russe des Affaires étrangères, toutes ses propositions visant à résoudre les problèmes qui surviennent entre Moscou et Bruxelles «dans le cadre d’un dialogue professionnel direct» sont «systématiquement ignorées ou rejetées».

Réaction de l'UE

Dans la foulée, M.Sassoli a réagi sur Twitter en affirmant qu’aucune sanction ne l’empêcherait de «défendre les droits de l'homme, la liberté et la démocratie».

«Apparemment, je ne suis pas le bienvenu au Kremlin? Je m'en doutais un peu ... Aucune sanction ou intimidation n'empêchera le Parlement européen ou moi de défendre les droits de l'homme, la liberté et la démocratie. Les menaces ne nous feront pas taire. Comme l'a écrit Tolstoï, il n'est nulle grandeur là où manque vérité», a-t-il rédigé sur le réseau social.

La porte-parole de la diplomatie russe a déjà commenté cette réaction, rappelant que la Russie n'avait menacé personne.

Peu après, une déclaration conjointe du président du Conseil européen, de la présidente de la Commission européenne et du président du Parlement européen condamnant la décision de la Russie est apparue sur le site du Conseil de l’UE. Qualifiant ce geste de Moscou d’«inacceptable», Bruxelles juge qu’il «n'a aucune justification légale et est totalement dénué de fondement».

«Cette décision est la dernière démonstration frappante de la manière dont la Fédération de Russie a choisi la confrontation avec l'UE au lieu d'accepter de redresser la trajectoire négative de nos relations bilatérales», indique le document.

«L'UE se réserve le droit de prendre les mesures appropriées en réponse à la décision des autorités russes».

Sanctions européennes

Dans le cadre du nouveau régime de sanctions de l'UE en matière de droits de l'homme, mis en place le 7 décembre dernier, Bruxelles a introduit le 2 mars des mesures restrictives à l'encontre de quatre Russes. D’après un communiqué publié sur le site du Conseil de l’UE, ces sanctions concernent «des arrestations et des détentions arbitraires, ainsi que de la répression massive et systématique de la liberté de réunion pacifique et d'association et de la liberté d'opinion et d'expression en Russie».

Le 22 mars, deux autres Russes ont été sanctionnés pour violation des droits de l’homme, notamment pour torture et répression contre des personnes LGBTI et des opposants politiques en Tchétchénie, en Russie, précise un autre communiqué de l’institution européenne.

Pour Moscou, ces mesures vont à l’encontre de la charte de l’Onu et des normes fondamentales du droit international.

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Tags:
diplomatie, sanctions, UE
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