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Les tensions entre la Chine et les États-Unis pourraient amener à un conflit de grande ampleur, qui laisserait les deux camps exsangues, a déclaré Henry Kissinger au Neue Zürcher Zeitung.

Alors que l’escalade entre Pékin et Washington continue au sujet de Taïwan, Henry Kissinger a mis en garde contre les conséquences d’un potentiel conflit, dans les colonnes du Neue Zürcher Zeitung.

L’ancien secrétaire d’État américain a déploré la montée des tensions entre les deux puissances, notamment sous le mandat de Donald Trump. Une surenchère qui pourrait selon lui mener à un stade de guerre Froide, comme il l’avait déjà annoncé en 2019, voire à un conflit généralisé qui serait désastreux pour les deux camps. Une menace que l’administration Biden a bien cernée, selon le diplomate.

«J'ai l'impression que l'administration Biden a compris qu'une confrontation avec la Chine n’était dans l'intérêt ni de l'un ni de l'autre, ni du monde. Cela créerait un conflit sans vainqueur qui, comme la Première Guerre mondiale, se terminerait par l'épuisement des deux parties», a ainsi déclaré Kissinger au quotidien allemand.

La menace d’une guerre menée avec des armes de haute technologie, voire à l’aide d’une intelligence artificielle, inquiète aussi l’ancien diplomate. D’autant qu’aucun accord ne régit clairement l’utilisation de tels arsenaux, souligne celui qui a participé à la normalisation des relations entre Pékin et Washington dans les années 1970.

Début mai, Kathleen Hicks, secrétaire adjoint à la Défense américaine avait d’ailleurs déclaré veiller à ce qu’un conflit militaire avec la Chine ne devienne pas «inévitable», malgré la «concurrence extrême» entre les deux pays, en matière économique notamment.

Une opinion publique hostile

Henry Kissinger a cependant souligné que l’administration Biden devrait composer avec une opinion publique hostile à Pékin. Les Américains perçoivent en effet la Chine comme un «ennemi permanent», selon l’ancien diplomate.

Dans le sillage de la pandémie, une vague d’«asiatophobie» a d’ailleurs déferlé en Amérique du Nord. Ce climat de suspicion est aussi lié à la montée en puissance de la Chine, comme le précise à Sputnik Doris Mah, cofondatrice de l’organisme Stand With Asians.

Henry Kissinger note encore que de nombreux petits pays de la région Asie-Pacifique sont dans une position de neutralité, et ne souhaitent se brouiller ni avec Pékin, ni avec Washington. Raison pour laquelle l’ancien diplomate appelle à plus de réserve dans la région, invitant les haut responsables à résister à la «tentation intérieure de déclarer la Chine comme l'ennemi principal».

Le prix Nobel de la Paix conclut en déclarant qu’il sera cependant difficile pour les États-Unis de trouver un moyen de «sortir de la confrontation et d'élaborer une stratégie plus durable».

Ce n’est pas la première fois que la perspective d’un nouveau conflit mondialisé est évoquée. L’expression «Troisième Guerre mondiale» avait par exemple été utilisée par Christian Estrosi en 2015, en parlant de la menace terroriste. Sur France 3, le maire de Nice avait alors affirmé que «l’islamo-fascisme» avait déclaré la guerre à «la civilisation judéo-chrétienne».

Lors de l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani par les États-Unis, le hastag #WWIII –pour World War Three- avait également fleuri sur les réseaux sociaux. Plus récemment, le conflit dans le Haut-Karabakh a pu faire craindre à certains un embrasement planétaire.

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Tags:
Troisième Guerre mondiale, Première Guerre mondiale, guerre mondiale, États-Unis, Chine, Henry Kissinger
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