International
URL courte
Par
3104
S'abonner

Une autorité sanitaire du Japon a fait scandale en diffusant un avis recommandant aux agriculteurs de s’abstenir de repas communs avec des travailleurs étrangers, présentés comme responsables d’une hausse des cas de Covid-19. Le document a été révoqué deux jours plus tard.

Un centre de santé de la ville d'Itako, dans la préfecture japonaise d'Ibaraki, au centre de l'île de Honshu, a suscité la colère après un avis recommandant aux agriculteurs locaux de ne pas partager de repas avec des travailleurs étrangers à titre préventif. L’agence estimant que ceux-ci seraient à l'origine d'une augmentation des infections au Covid-19, a rapporté le 21 mai la chaîne de télévision NHK.

Le centre a diffusé sa recommandation par courrier électronique les 19 et 20 mai. Outre la recommandation «de ne pas manger avec des étrangers», la lettre conseillait aux agriculteurs de porter un masque lorsqu'ils parlent aux travailleurs migrants. «De nombreux patients atteints de coronavirus ont probablement été infectés par des étrangers», indiquait le document.

Deux jours après l'envoi des courriels, l'administration de la ville aurait commencé à recevoir des plaintes. Une fois le document annulé, les représentants du centre de santé se sont excusés, soulignant qu'ils ne voulaient pas offenser les sentiments de qui que ce soit ou faire preuve de discrimination.

«Faire la distinction entre les Japonais et les étrangers peut donner l'impression que les infections se propagent uniquement à cause des étrangers, ce qui est très décevant», a déclaré à Tokyo Reporter Shohei Sugita, un avocat qui défend les droits des étrangers.

Le Japon contre le coronavirus

L'état d'urgence sanitaire au Japon a été élargi vendredi à Okinawa (sud), portant à dix le nombre de départements placés sous ce régime, rapportait l’AFP. Il entrera en vigueur dimanche 23 mai et durera jusqu'au 20 juin. Cette décision a été prise car «le nombre de nouveaux cas, en particulier parmi les jeunes, augmente rapidement et que les hôpitaux sont débordés», a expliqué le Premier ministre Yoshihide Suga, cité par l’agence.

Le 21 mai, le gouvernement japonais a également approuvé l'utilisation de deux autres vaccins contre le coronavirus, cherchant à augmenter le rythme de son programme de vaccination. Le feu vert a été donné aux vaccins de la société américaine Moderna et de la société suédo-britannique AstraZeneca, avec cependant des réserves concernant ce dernier, probablement responsable de cas de caillots sanguins.

Actuellement, seul le vaccin Pfizer est utilisé dans le pays, l'une des raisons pour lesquelles le rythme de la vaccination est loin derrière celui de la plupart des autres pays industrialisés, regrette le média.

Les personnes âgées ont commencé à être vaccinées le 12 avril. Le Premier ministre Yoshihide Suga souhaite que les 36 millions de personnes âgées, soit 30% de la population, soient vaccinées d'ici la fin du mois de juillet, ajoute NHK World-Japan.

Lire aussi:

Une personne vaccinée peut-elle être considérée comme cas contact?
Président «jupitérien»: «Macron s’est trompé d’époque, il en subit les conséquences» - vidéo
D’un seul geste Cristiano Ronaldo fait perdre quatre milliards de dollars à Coca-Cola
Tags:
santé, Covid-19, Japon
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook