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Alors que le Président iranien a déclaré que l’Occident avait confirmé son intention de lever les principales sanctions contre son pays, ajoutant que Téhéran envisageait de poursuivre les négociations jusqu’à ce qu’un accord soit parachevé, un expert estime que la finalisation n’aura lieu qu’après la présidentielle, avec les nouvelles autorités.

L’accord définitif sur la levée des sanctions décrétées par les États-Unis contre l’Iran pourrait n’être conclu qu’après l’arrivée au pouvoir d’un chef de l’État et d’un gouvernement conservateurs, estime dans son commentaire à Sputnik Vladimir Sajine, de l’Institut d’orientalisme de l’Académie des sciences de Russie.

Selon l’expert, même si un accord de base a été convenu et que les participants aux négociations à Vienne sont optimistes quant aux perspectives de rétablir pleinement l’accord nucléaire, il est, estime-t-il, peu probable qu’il prenne prochainement sa forme finale. Il est nécessaire de prendre en compte la présidentielle prévue le 18 juin dans le pays, ponctue l’expert.

Conjoncture politique

«À mon avis, cela aura lieu vers la fin de l’été –au début de l’automne», a-t-il expliqué, convaincu que la situation interne en prévision des élections joue son rôle.

Estimant qu’à l’intérieur du pays la situation n’est pas favorable aux partisans des libéraux-réformateurs ni au Président actuel, l’expert estime que plusieurs indices laissent augurer que le prochain chef de l’État fera partie des conservateurs. D’ailleurs rappelle-t-il, le guide suprême Ali Khameneï est également partisan de la position conservatrice.

«Mais je tiens à souligner que la fraction des conservateurs radicaux n’est pas opposée» au rétablissement de l’accord nucléaire, ajoute l’expert pour qui il ne s’agira probablement pas de la levée de toutes les sanctions mais uniquement de certaines d’entre elles.

Et de préciser que les conservateurs réalisent que les sanctions ont un impact sur le développement économique ultérieur de l’Iran et que la pandémie ne facilite point les choses.

«En m’appuyant sur la logique, il me semble que les décisions cruciales seront prises après» le passage de pouvoir, estime-t-il, ajoutant que le nouveau gouvernement et le nouveau Président recevront alors «les lauriers de la victoire de la diplomatie iranienne».

Pour Washington, Téhéran n’est pas encore prêt au retour

Entre temps, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a estimé dans son entretien à ABC News que son pays ne voyait aucun empressement ni aucune volonté de la part de Téhéran de revenir à l’accord nucléaire.

«Nous savons quelles sanctions doivent être levées conformément à l’accord nucléaire. L’Iran, je pense, sait ce qu’il doit faire pour recommencer à [l’]honorer. Mais ce que nous n’avons pas encore observé, c’est si l’Iran est prêt et s’il veut prendre cette décision. [...] Pour le moment nous n’avons pas de réponse», a-t-il déclaré.

Négociations à Vienne

La capitale autrichienne accueille régulièrement depuis début avril les réunions de la commission en charge de l’accord nucléaire. Entre ces dernières, se tiennent différents types de rencontres informelles. Pour le moment, trois groupes de travail ont été créés, dont deux sont à la recherche des démarches concrètes que Washington et Téhéran devraient adopter pour rétablir l’accord.

Conclu en 2015 par les six (Royaume-Uni, Allemagne, Chine, Russie, États-Unis et France) et l’Iran, l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien -également connu sous les noms de Plan d'action conjoint ou Plan d’action global commun- prévoit la levée de sanctions en échange de la limitation du programme nucléaire iranien. Or, en mai 2018, le Président américain Donald Trump avait décidé un retrait unilatéral de l’accord et le rétablissement des sanctions.

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Tags:
nucléaire, États-Unis, Iran
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