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La secrétaire à l’Énergie s’est distanciée de l’administration américaine qui juge «contre-productives» les sanctions contre le Nord Stream 2. Elle remet en question la propreté écologique du gaz russe, selon elle le «plus sale» au monde. Une affirmation démentie par l’ex-ministre russe de l’Énergie.

La secrétaire à l'Énergie Jennifer Granholm a pris ses distances jeudi 27 mai vis-à-vis de la décision de l'administration Biden de lever les sanctions contre la société en charge de la construction du gazoduc russe Nord Stream 2 vers l'Allemagne.

Intervenant devant le Comité des sciences, de l’espace et des technologies de la Chambre des représentants elle a fait savoir qu’elle s’opposait à sa construction:

«L'une des raisons pour lesquelles ce gazoduc est très dangereux est qu'il transporte la forme de gaz naturel la plus sale sur Terre sans aucune sécurité sur les émissions de méthane. Ce n’est pas bon pour notre climat», a-t-elle déclaré. 

Elle a ajouté que le ministère de l'Énergie ne faisait pas partie de la décision gérée par le département d'État, qui invoquait des raisons géopolitiques pour renoncer aux sanctions.

Une empreinte carbone quatre fois inférieure au gaz US

Le vice-Premier ministre russe et ancien ministre de l’Énergie signale cependant que l’empreinte carbone du gaz naturel russe livré à l’Europe via le Nord Stream est quatre fois inférieure à celle du gaz produit aux États-Unis.

«Aujourd’hui le sujet de la propreté écologique de tel ou tel produit est trop médiatisé. Cependant si on aborde le sujet avec sérieux et si on se sert de données objectives, le résultat peut étonner certains observateurs. Selon des données de plusieurs agences d’analyse et de consultation, le gaz russe fourni en Europe par le Nord Stream a une empreinte carbone calculée en kilowattheures quatre fois inférieure à celle du gaz livré par les États-Unis», a-t-il déclaré aux journalistes.

Il a expliqué cela par le fait qu’aux États-Unis il s’agit essentiellement de gaz de schiste extrait avec une fracturation hydraulique tandis que «la Russie accorde une attention soutenue au leadership écologique et à la fourniture à nos partenaires d’une énergie pure».

Des mesures contre-productives pour les relations avec l’Europe

Le Président américain a annoncé mardi 25 mai qu'il avait décidé de lever les sanctions contre la société gérant le gazoduc, Nord Stream 2 AG, et son PDG.

Joe Biden, qui se prépare pour sa première visite en Europe le mois prochain, a déclaré aux journalistes qu'il était opposé à la construction du gazoduc dès le début, mais qu'il avait renoncé à prendre des sanctions parce que le projet était «presque entièrement terminé» au moment où il avait pris ses fonctions.

«Je pense que ce serait contre-productif dans nos relations européennes.»

13 navires et quatre sociétés russes sous sanctions

Néanmoins, le 21 mai, les États-Unis ont frappé de sanctions des sociétés et des navires russes participant au projet. Il s’agit au total de 13 navires et de quatre entreprises.

Les premières restrictions américaines remontent à fin 2019 alors que les travaux étaient suspendus car la société suisse AllSeas s’était vue obligée de retirer ses navires de pose de tubes.

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Tags:
écologie, gaz, Nord Stream 2
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