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Huit ans après le séisme de l'affaire Snowden, la France et l’Allemagne ont sommé les États-Unis et le Danemark de s'expliquer sur l'espionnage de responsables européens via le Danemark. En attendant des précisions, Paris pour sa part admet que cette situation «pourrait avoir effectivement un certain nombre de protestations diplomatiques».

Des médias danois et européens ont relayé le 30 mai une information selon laquelle les États-Unis ont espionné des responsables politiques en Europe, dont la chancelière allemande Angela Merkel, de 2012 à 2014 avec l'aide des services de renseignement danois. Si la ministre danoise de la Défense, Trine Bramsen, a refusé de s’exprimer sur ces révélations, affirmant que «l’écoute systématique de proches alliés est inacceptable», Berlin et Paris sont en quête de clarifications.

Se prononçant lors d’une conférence de presse, Steffen Seibert a déclaré en tant que son porte-parole que le gouvernement allemand suivait avec attention ce dossier.

«Le gouvernement fédéral a pris note de ces informations de presse et est en contact avec toutes les organisations nationales et internationales pertinentes pour obtenir des précisions. Le gouvernement fédéral ne commente pas officiellement les questions relevant des activités de renseignement», a souligné le porte-parole du gouvernement Steffen Seibert.

Celui-ci a également refusé de répondre à la question de savoir si Berlin continuait sa coopération avec le service de renseignement danois.

«Ces faits potentiels sont graves»

La France a pour sa part insisté sur la nécessité de tout vérifier avant d’en tirer les conséquences.

«Entre alliés, il doit y avoir, même si on n'est pas dans un monde de Bisounours, une confiance, une coopération minimale, donc ces faits potentiels sont graves», a déclaré ce 31 mai sur Franceinfo le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Clément Beaune.

Si c'est avéré, «il va y avoir un certain nombre de protestations diplomatiques, mais je crois que pour nos alliés et amis américains, si on se comporte comme ça, on ne peut pas attendre qu'il y ait une bonne coopération entre les services. On a besoin de ces coopérations, donc de travailler ensemble plutôt que de s'espionner mutuellement», a-t-il ajouté.

Le ministre suédois de la Défense, Peter Hultqvist, a déclaré au diffuseur suédois SVT qu'il «exigeait des informations complètes» sur le dossier. Le ministre norvégien de la Défense, Frank Bakke-Jensen, a indiqué à la chaîne NRK qu'il prenait ces informations au sérieux.

Huit ans après l'affaire Snowden

Selon une enquête de la télévision publique danoise DR rendue publique le 30 mai, l'agence nationale de sécurité des États-Unis (NSA) a utilisé un partenariat avec l'unité de renseignement étrangère du Danemark pour espionner des hauts responsables des pays voisins dont la chancelière allemande Angela Merkel et des responsables français, dont les noms n'ont pas été divulgués. DR explique avoir contacté plusieurs sources par le biais des systèmes danois d’écoute de câbles sous-marins de télécommunications.

L'espionnage par Washington de ses alliés européens jusqu'au plus haut niveau est largement connu depuis les révélations du lanceur d'alerte Edward Snowden.

Sur la base des documents secrets révélés par l’ancien agent de la NSA en 2013, les médias avaient déjà pu constater qu’Angela Merkel était mise sur écoute depuis l’ambassade américaine à Berlin. Or, il apparaît désormais que la chancelière fédérale était en effet espionnée depuis au moins deux points en Europe.

En novembre dernier, DR a fait savoir que l’espionnage de ses alliés par Washington s’était poursuivi pendant et après l’affaire Snowden, bien que le dirigeant américain de l’époque Barack Obama ait promis de faire cesser ces activités dans la foulée des révélations.

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Tags:
Steffen Seibert, Clément Beaune, NSA, Danemark, Allemagne, France, États-Unis, espionnage
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