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Plusieurs milliers de personnes ont manifesté jeudi à Athènes contre un projet gouvernemental de réforme du code du travail en Grèce qui, selon les syndicats, saperait les droits des salariés et permettrait aux entreprises d'augmenter discrètement le temps de travail.

Cette manifestation, qui a réuni au moins 10.000 personnes devant le Parlement, coïncide avec une journée de grève nationale organisée à l'appel des principaux syndicats des secteurs public et privé, qui a mis à l'arrêt les transports publics et maintenu les ferries à quai dans les ports du pays.

Ce projet de loi doit être examiné par les députés dans le courant du mois.

"Il ne passera pas", a affirmé le syndicat du secteur public ADEDY.

Lors de sa présentation en mai, le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis a déclaré que cette réforme permettrait de moderniser une législation du travail "obsolète" élaborée il y a des décennies, à une époque où internet n'existait pas et les employés travaillaient à heures fixes, au bureau comme à l'usine.

Selon le gouvernement, ce projet va offrir plus de souplesse aux employés pour organiser leur travail et il permettra de lutter contre l'exploitation, le non-paiement des heures supplémentaires et le travail non déclaré qui ont contribué au développement d'une vaste économie souterraine en Grèce.

L'un des éléments les plus contestés de cette réforme est la possibilité de travailler jusqu'à 10 heures certains jours et de le compenser par d'autres journées plus courtes. Pour les syndicats, le risque est que les employeurs en profitent pour contraindre leurs salariés à effectuer des journées plus longues.

"Ne touchez pas à la journée de huit heures", pouvait-on lire sur une banderole déployée près du ministère du Travail dans le centre d'Athènes.

Pour ses détracteurs, le gouvernement cherche tout à la fois à porter la durée quotidienne du travail à 10 heures, à supprimer la semaine de cinq jours et à rendre caducs les accords collectifs, tout en rendant les grèves plus difficiles à organiser.

Le parti de gauche Syriza a qualifié le projet de "monstruosité" et a appelé le gouvernement à le retirer.

"Ils ne nous renverront pas au XIXe siècle", a dit l'ancienne formation au pouvoir.

Cette réforme introduit aussi un droit à la déconnexion et crée une "carte de travail numérique" permettant de surveiller en temps réel les horaires de travail des employés. Elle porte à 150 le nombre d'heures supplémentaires autorisées chaque année.

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Tags:
travail, Grèce
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