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Même en cas d’accord avec l’Iran, des «centaines de sanctions» resteront en vigueur. Cette promesse d’Antony Blinken fait office de piqûre de rappel pour tous ceux qui pensaient que l’Administration Biden adopterait une position plus mesurée à l’égard de Téhéran. C’est ce qu’explique Gérard Vespierre, spécialiste de l’Iran, au micro de Sputnik.

«Même si l’Iran se conforme au Plan d’action conjoint (JCPOA), des centaines de sanctions resteraient toujours en vigueur, notamment celles qu’a imposées l'Administration Trump», a déclaré le secrétaire d'État des États-Unis, Antony Blinken, ce mardi lors d’une audition au Sénat

Cette déclaration forte «s’inscrit dans un jeu de négociations» délicat entre l’Iran et les six autres signataires pour ressusciter l’accord sur le nucléaire iranien, estime Gérard Vespierre, directeur de recherche à la Fondation d’études pour le Moyen-Orient.  

​Ces dernières semaines, de nombreux comptes rendus ont fait état dans la presse d’avancées positives. «Chaque cycle de négociations à Vienne aurait pu être le cycle final. Nous ne devons pas nous précipiter. Nous avons fait des progrès significatifs, mais des problèmes importants demeurent», déclarait fin mai le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh.

Pas d’accord signé avant les Présidentielles iraniennes du 18 juin

Cette tendance positive pourrait cependant s’être inversée. Quelques heures avant la déclaration du chef de la diplomatie américaine sur le maintien des restrictions, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique tirait la sonnette d’alarme. Dans son viseur? L’enrichissement de l'uranium en Iran, qui serait «proche du niveau d'armement».

L’occasion rêvée pour le secrétaire d’État américain de rappeler à Téhéran une réalité qui peut parfois échapper à certains: l’Iran reste un adversaire, sinon un ennemi de Washington. Et ce, même si le ton et la forme changent légèrement suivant les occupants de la Maison-Blanche.      

«Malgré tout ce qu’on peut dire, malgré tous les tweets, il y a une continuité entre les Administrations américaines. En particulier sur les questions de politique étrangère», rappelle Gérard Vespierre.

Depuis la révolution islamique 1979 et la prise d’otages de l’ambassade américaine, la position américaine n’a jamais réellement changé vis-à-vis de Téhéran, selon notre interlocuteur. Washington a simplement choisi une issue négociée au problème du nucléaire iranien, plutôt que la guerre.

Il n’y aura pas de cadeau vis-à-vis du pouvoir iranien cette fois non plus.

«Même si un accord est conclu, les sanctions individuelles contre des haut gradés des Gardiens de la révolution, des laboratoires de recherche, des entreprises proches du pouvoir seront maintenues», prédit Gérard Vespierre.

La levée partielle des restrictions serait certes un bol d’air économique pour le pays tant le régime actuel de sanctions est sévère, mais «il ne faut pas s’y tromper» prévient notre interlocuteur: «Dans une économie centralisée comme celle de l’Iran, beaucoup d’Iraniens continueront de souffrir même si un accord est conclu.» D’ailleurs, le retour à un consensus n’a rien d’une évidence par les temps qui courent.

«Nous ne savons pas si l'Iran est capable et disposé à revenir dans le giron du JCPOA [Joint Comprehensive Plan of Action, plan d’action global commun dans le cadre de l’accord de Vienne, ndlr]», a ainsi expliqué Antony Blinken devant le Sénat.

Joe Biden s'est engagé à renouer avec l'accord de 2015 si l'Iran en respecte scrupuleusement les termes. Mais Téhéran réclame la levée préalable des sanctions qui ont suivi la sortie des États-Unis de l'accord. Un petit jeu qui risque de durer…

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Tags:
Joe Biden, Antony Blinken, Hassan Rohani, accord de Vienne sur le nucléaire iranien (2015), Plan global d'action conjoint (JCPOA), JCPOA, programme nucléaire iranien, sanctions contre l'Iran, Iran
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