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À quelques jours du sommet de l’Otan, Emmanuel Macron, interrogé sur l'état actuel de l'Alliance dont il avait constaté à l'époque la mort cérébrale, exige une «clarification stratégique» de l’Alliance et appelle à construire «un cadre apaisé» avec Moscou.

Répondant à la veille du sommet du G7 et de celui de l'Otan aux questions des journalistes, Emmanuel Macron a appelé à mettre au clair l’orientation stratégique de l’Alliance atlantique. Afin de le faire, elle devrait, estime-t-il, en premier lieu clarifier ses relations avec Moscou, estime le Président.

«Je pense que l’organisation a besoin de construire un cadre apaisé avec la Russie. Exigeant, intraitable, lorsqu’il y a des incursions, des cyberattaques, des intimidations, mais qui permet aussi de prendre en compte ce qui est la géographie de l’Europe», a-t-il déclaré.

Il a d’ailleurs précisé que la Chine, «deuxième grande question» pour l’Otan, ne «fait pas partie de la géographie transatlantique».

Le dirigeant français s’est également prononcé pour la construction d’un «cadre en termes de contrôle des armements» qui nécessite entre autres un dialogue avec la Russie.

«Le respect des Alliés» entre Alliés

Le chef de l’État, qui a annoncé en novembre 2019 la «mort cérébrale» de l’Alliance atlantique, en raison notamment de la politique de la Turquie, semble aujourd’hui avoir mis de l’eau dans son vin.

Répondant à la question de la journaliste de savoir s’il pensait toujours ainsi, il a répondu: «Je pense que l’Otan aujourd’hui est dans une situation qui nécessite une très grande clarification stratégique, oui».

Le Président a d’ailleurs fait comprendre que des divergences avec Ankara existaient toujours. Évoquant le respect des Alliés en termes «d’intervention» et «d’équipement», Emmanuel Macron a annoncé qu’il rencontrerait son homologue turc avant le sommet.

«Je considère que cette clarification se fait tout particulièrement avec la Turquie […]. Mais quand on est membres de la même organisation, on ne peut pas décider de prendre des équipements qui ne permettent pas l’interopérabilité, on ne peut pas décider des opérations unilatérales», a-t-il lancé en faisant probablement allusion aux achats par Ankara des S-400 russes ainsi qu’à l’offensive turque contre les Kurdes en Syrie en 2019.

Plus d’engagement européen au Moyen-Orient?

«On a besoin de dire qui est notre ennemi et où. Et, à cet égard, nous aurons un éléphant dans la pièce», a expliqué le Président en citant le désengagement de Washington en Afghanistan, un «changement rapide» au Moyen-Orient.

Selon lui, l’Otan, qui a été «construite pour faire face au pacte de Varsovie», a aujourd’hui besoin d’un nouveau cadre, et ce d’autant plus en prenant en compte la situation afghane.

«Il faut très clairement requalifier notre cadre d’intervention, requalifier les éléments de solidarité. Moi je respecte totalement que les États-Unis d’Amérique décident de ne plus être autant engagés qu’ils l’étaient pendant les décennies précédentes au Proche et Moyen-Orient, mais on a besoin de ce débat clair, dans ce cas-là de dire, c’est l’Europe qui s’y engage, bien davantage.»

Sommet d’apaisement

Emmanuel Macron a également exprimé son espoir que l’arrivée à la Maison-Blanche de Joe Biden, qui vient d’annoncer «le retour» de l’Amérique sur la scène internationale, permettrait de voir un «apaisement» parmi les Alliés concernant de nombreux dossiers.

«Je pense que la nouvelle administration américaine nous permettra d’avoir un sommet qui sera aussi celui d’une forme d’apaisement sur beaucoup de sujets», a estimé le chef de l’État.

Le sommet de l’Alliance atlantique aura lieu le 14 juin.

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Tags:
Turquie, Emmanuel Macron, OTAN
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