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À l’occasion du sommet de l’Otan, les dirigeants ukrainiens espèrent une réponse à leurs demandes insistantes d’adhésion à l’Alliance. Pour l’eurodéputé RN Thierry Mariani, l’organisation est divisée sur le sujet: seules la France et l’Allemagne peuvent empêcher cette «marche vers l’Otan» de l’Ukraine.

L’heure est à la détente entre Européens et Américains. À l’occasion du sommet de l’Otan qui s’est ouvert ce 14 juin, Jo Biden a souhaité «revitaliser» ses alliances avec les pays du vieux continent.

Si les Européens espèrent plus de concertation et de coopération au sein de la structure militaire, l’Ukraine exerce une forte pression diplomatique pour obtenir un partenariat avec l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. «L’adhésion a été promise à l’Ukraine en 2008. Depuis lors, l’Otan n’a rien fait pour tenir cette promesse», a déclaré Dmytro Kuleba, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, dans son interview au quotidien allemand Die Welt.

«On est sur une pente dangereuse. On sait très bien qu’en Ukraine, comme au sein de l’Otan, certains voudraient intégrer l’Ukraine à l’Alliance atlantique. Les livraisons d’armes, les manœuvres communes, sont autant de signes qui confortent cette “marche vers l’Otan”. Cela ne peut être vu que comme une provocation pour la Russie», assure l’eurodéputé (RN) Thierry Mariani, au micro de Sputnik.

Pour sa session, l’Otan a choisi un slogan à l’accent très français (tout au moins, latin): «Un pour tous, tous pour un». Une occasion pour Emmanuel Macron de faire «appel à la cohérence» sur Tweeter.

Il réaffirme «clairement les valeurs qui nous unissent, les règles et les principes qui fondent et font la force de notre Alliance.» Paris va-t-il prendre position sur la question ukrainienne?

«La France, quel que soit le Président, a toujours dit qu’elle s’opposait à l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan. Comme pour la Géorgie en son temps. J’espère que cela va rester une position constante, parce que ça serait un acte d’hostilité évident qui pourrait entraîner une escalade de tensions dans cette région», prévient Thierry Mariani.

Dans une récente interview à la chaîne de télévision Rossiya 24, Vladimir Poutine a rappelé que la moitié des Ukrainiens ne voulaient pas que leur pays adhère à l’Otan. «Ce sont des gens sensés», a-t-il déclaré. Thierry Mariani, à son tour, compte sur le bon sens des décideurs européens.

«Jusqu’à présent, des pays comme l’Allemagne avec Merkel ou la France, y compris avec Macron –et pourtant, je suis dans l’opposition–, ont toujours eu une position claire. Si cette position est maintenue, je pense qu’il n’y a pas de crainte à ce niveau-là», précise le député.

Le 8 février dernier, Volodymyr Zelensky a signé une loi qui régit «l’admission d’unités des forces armées d’autres États sur le territoire de l’Ukraine en 2021 pour participer à des exercices multinationaux.» Selon cette directive, le pays s’apprête à accueillir huit exercices multinationaux sur son territoire, lesquels impliqueraient environ 21.000 soldats ukrainiens et environ 11.000 participants étrangers.

L’Ukraine multiplie les manœuvres avec les membres de l’Otan

Au cours de l’année 2021, l’Ukraine mènera deux manœuvres militaires avec les États-Unis (Rapid Trident-2021 et Sea Breeze-2021), deux avec la Grande-Bretagne (Cossack Mace exercise-2021 et Warrior Watcher-2021), deux avec la Pologne (Three Swords-2021 et Silver Saber-2021) et une avec la Roumanie (Riverine-2021). En outre, l’armée ukrainienne participera à 17 exercices multinationaux en dehors de l’Ukraine, avec la participation des pays de l’Otan et de la Géorgie.

Une manière d’affirmer son ancrage à l’Ouest et d’inciter les membres de l’Otan à considérer Kiev comme faisant partie de la famille otanienne? Pour Thierry Mariani, la volonté de Kiev d’intégrer l’Alliance atlantique rencontre celle de plusieurs de ses membres:

«On a un certain nombre de pays –en premier lieu, les États-Unis, mais également les pays baltes, la Pologne ou la Roumanie– qui, d’une manière évidente cherchent à forcer la main au reste de l’Europe. Pour le Président Zelensky, l’idée qu’un jour, il y ait une perspective européenne avec un calendrier d’entrée dans l’Europe est une manière de sauver sa cote de popularité catastrophique en Ukraine», conclut le député européen.

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Tags:
Ukraine, OTAN, sommet, Bruxelles, Thierry Mariani
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