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Il y a 80 ans, Hitler attaquait l’Union soviétique. Pour honorer la mémoire de ses ressortissants morts sur le sol français sous l’occupation nazie, des diplomates de pays de l’ex-URSS et des vétérans français se sont rassemblés au cimetière de Noyers-Saint-Martin, dans les Hauts-de-France.

Ce 22 juin, les drapeaux de la Russie, de la Biélorussie, du Kazakhstan, de l’Arménie, de l’Azerbaïdjan, du Tadjikistan, de l’Ouzbékistan et de la Serbie flottaient au-dessus du plus grand cimetière militaire soviétique de France, à Noyers-Saint-Martin. Les représentants officiels de ces pays ont participé à une cérémonie à la mémoire des soldats de l’Armée rouge morts pendant la Seconde Guerre mondiale en France.

​Les éléments se sont déchaînés ce mardi à Noyers-Saint-Martin: la pluie noyait le paysage picard et les rangées d’obélisques triangulaires en pierre blanche. Seule une quarantaine de stèles portent des noms. Plus de 4.500 autres victimes, qui reposent dans deux fosses communes sous des dalles en granit, attendent encore d’être identifiées. La plupart des 4.674 personnes enterrées ici ont été envoyées par les nazis depuis l’Union soviétique dans les stalags de la France occupée. Des partisans soviétiques qui ont combattu en 1943-1944 avec les résistants sur le territoire français y ont également trouvé leur dernier refuge.

«Il y a 80 ans, ce jour était ensoleillé, pas pluvieux et venteux comme aujourd’hui. Mais ce soleil ne réchauffait pas. C’était un soleil sanglant, une guerre destructrice a commencé pour nos peuples. Et c’était la continuation de la guerre pour les peuples de toute l’Europe», a déclaré Alexeï Mechkov, l’ambassadeur de Fédération de Russie.

Le 22 juin 1941, le IIIe Reich lançait l’offensive Barbarossa contre l’Union soviétique. Cette date marque le début de la Grande Guerre patriotique qui a duré quatre ans et a signé la fin de la machine militaire de l’Allemagne nazie. Mais l’URSS a perdu plus de 27 millions de ses citoyens.

Soviétiques et Français, main dans la main

Le chef de la mission diplomatique russe a souligné que «les efforts de tous les pays et peuples qui se sont battus contre l’ennemi commun ont conduit à la victoire sur le nazisme.» Il a rappellé la contribution des soldats de la «France Combattante» qui ont suivi l’appel du général de Gaulle et l’exploit des pilotes français de l’escadrille Normandie-Niemen qui ont combattu sur le front de l’Est.

«Je suis convaincu qu’aujourd’hui, il est également très important de se souvenir de la participation des citoyens soviétiques au mouvement de la Résistance française. Plus de 35.000 soldats soviétiques et des descendants d’émigrés russes ont combattu sur le sol français», a rappelé Alexey Mechkov.

Face à l’appel de l’ambassadeur de Russie à la vigilance pour «empêcher les tentatives de réécrire l’histoire», l’implication de Jacques Teinielle, le maire de Noyers-Saint-Martin, est sans faille.

«J’en suis à mon septième mandat. C’est un devoir de mémoire que l’on doit entretenir dans notre pays. Pour rappeler que tout le bloc soviétique était là [pour libérer la France, ndlr]», souligne Jacques Teinielle, au micro de Sputnik.

Le cimetière commémoratif soviétique de la commune de Noyers-Saint-Martin, dans l’Oise, a été fondé lorsque l’Union soviétique a décidé de réinhumer en un seul lieu les dépouilles de militaires et de civils répartis dans différentes villes françaises. La nécropole a été créée en 1981 pour enterrer les dépouilles des prisonniers de guerre soviétiques exterminés par les nazis dans le camp de concentration du Stalag XII-F. En outre, de nombreuses tombes militaires soviétiques menacées de démolition y ont été transférées. Ici reposent également les cendres de soldats soviétiques, à l’origine enterrés dans le mémorial du Corps expéditionnaire russe dans le cimetière russe de Saint-Hilaire-le-Grand.

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Grande guerre patriotique (1941-1945), Seconde Guerre mondiale, Opération Barbarossa (22 juin-22 août 1941)
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