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La relation entre l’UE et la Russie est l’objet des discussions du Conseil européen de ce 24 juin. Un rendez-vous crucial, après une décennie de tensions. Eugène Berg, ancien ambassadeur de France, appelle Bruxelles et Moscou à mettre de côté leurs contentieux. Mais l’UE pourra-t-elle casser ses préjugés?

«L’Europe a pris conscience que les sanctions ne marchaient pas et elle cherche un substitut», observe Eugène Berg, ancien ambassadeur de France. Et le diplomate de plaider, après une décennie de différends entre Bruxelles et Moscou: «Il faut remettre le train Union européenne-Russie sur les bons rails.»

Lignes rouges – Jean-Baptiste Mendes reçoit Eugène Berg, ancien ambassadeur de France, spécialiste de la Russie pour la revue géopolitique Conflits et auteur de «La Russie pour les Nuls» (Éd. First).

Pour l’heure, l’incertitude demeure. Constatant que les sanctions avaient atteint leurs limites, Emmanuel Macron appelait en mai l’UE à «recadrer très profondément» sa relation avec la Russie. La rencontre Poutine-Biden à Genève semble avoir permis d’accélérer les choses. Le Président français et Angela Merkel souhaitent le retour des sommets diplomatiques entre l’Union européenne et la Russie, ces rencontres au plus haut niveau qui avaient été suspendues après le rattachement de la Crimée à la Russie en 2014. Alors que les 27 États membres échangeront ce 25 juin sur leurs relations avec Moscou, la proposition de ce format renouvelé a été inscrite dans le projet du Conseil européen consulté par l’AFP.

Pourtant, rien n’est gagné: les préjugés contre la Russie demeurent forts en Europe de l’Est et à Bruxelles:

«Il faut absolument désidéologiser», estime Eugène Berg, qui reste pourtant pragmatique: «Mais cela ne se fera pas d’un seul coup. Il faut mettre de côté les contentieux et essayer d’avancer. On ne peut pas se regarder en chiens de faïence et s’imposer mutuellement des sanctions. […] L’Union européenne doit prouver qu’elle a sa propre politique vis-à-vis de la Russie qui n’est pas une décalcomanie de l’attitude américaine.»

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Tags:
Russie, Union européenne (UE), Emmanuel Macron, Angela Merkel, OTAN, Joe Biden, Vladimir Poutine
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