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La chancelière allemande déplore le manque d’«audace» des pays membres de l’UE après qu’ils se sont opposés à sa proposition soutenue par Emmanuel Macron et Sébastien Kurz de tenir un sommet avec la Russie.

À l’issue de longues discussions entre les 27 dirigeants européens tenues ce 25 juin à Bruxelles, les pays membres ont refusé d’organiser un sommet avec la Russie, suscitant la désapprobation d’Angela Merkel.

La chancelière allemande, qui s’apprête à quitter son poste en septembre, a avoué devant les journalistes que les dirigeants n’ont pas réussi à se mettre d’accord concernant l’idée d’un sommet avec Moscou. Cet événement aurait pu être le premier depuis sept ans, soit depuis le rattachement de la Crimée à la Russie en 2014.

«Il n’a pas été possible de convenir aujourd'hui que nous devrions nous rencontrer immédiatement en sommet» avec la Russie. «Personnellement, j'aurais aimé un résultat plus audacieux», a estimé Mme Merkel tout en qualifiant les discussions de «très complètes et difficiles».

Même si, sur fond de détérioration des relations entre Moscou et Bruxelles, l’Allemagne a à plusieurs reprises plaidé pour un dialogue ouvert avec la Russie, elle ne fait pourtant pas de concessions sur le plan des sanctions.

Ainsi, dans sa campagne électorale, le bloc politique CDU/CSU, présidé par Angela Merkel, avait parlé de la nécessité de maintenir la pression des sanctions sur Moscou. Ces partis avaient également qualifié la Russie de menace pour les valeurs allemandes et l’avaient accusée de désinformation, de cyberattaques et de propagande.

En outre, lors de son intervention au Bundestag le 24 juin, Mme Merkel a appelé l’Union européenne à répondre aux «provocations hybrides» de la Russie de manière coordonnée.

Qui refuse le sommet?

L’idée d’organiser un sommet entre l’Union européenne et la Russie a été formulée le 23 juin par la chancelière allemande avant d’être soutenue par Emmanuel Macron, ce dernier évoquant «un dialogue nécessaire à la stabilité du continent européen». Cette initiative survient quelques jours après le sommet Poutine-Biden à Genève, le premier depuis l’entrée en fonction du Président américain.

Malgré le soutien accordé à la proposition de l’Allemagne par la France et l’Autriche, une dizaine d’États, dont les pays baltes, la Pologne, la Suède, ainsi que les Pays-Bas, n’ont pas salué la reprise du dialogue avec le Président russe, pointant de prétendues actions agressives contre les pays de l'UE et de son voisinage.

Suite à ce sommet infructueux, Paris a réitéré son engagement pour un sommet avec la Russie:

«Il faut que l'Europe aussi parle à haut niveau avec la Russie», a souligné Jean-Yves Le Drian ce 25 juin. «Il importe que nous ayons une relation stable avec ce pays, lisible. Cela n’empêche pas la fermeté, on en a fait preuve», a-t-il ajouté en évoquant les sanctions économiques imposées par l’UE sur la Russie.

Ces dernières, en vigueur contre la Russie depuis 2014, ont été prolongées par l’Union européenne ce vendredi.

Position de la Russie

L’ambassadeur de Russie en Allemagne, Sergueï Netchaïev, a récemment estimé que la partie russe ne s’était «jamais retirée du dialogue».

«Aucun format de dialogue n’a été suspendu par notre initiative, nous travaillons toujours de manière active, dans le cadre des hauts dirigeants du pays tout comme parmi les parlementaires», a-t-il insisté en réagissant aux propos d’Angela Merkel qui, avant les négociations avec Emmanuel Macron le 18 juin, avait déjà évoqué la nécessité d’un dialogue entre la Russie et l’Union européenne.

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sanctions, sommet, Russie, Union européenne (UE), Emmanuel Macron, Angela Merkel
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