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Le Conseil international de la langue française a récemment publié une motion sur le rejet du point médian de l’écriture dite inclusive. Sa position rejoint ainsi celle des institutions de langue française de France, de Suisse, du Québec et de Belgique.

L’écriture inclusive vient de se trouver un nouveau détracteur. Le Conseil international de la langue française (CILF), basé à Paris, mais œuvrant pour l’ensemble de la francophonie, s’est prononcé contre son usage. Dans sa motion du 10 juillet, il s’attaque au point médian, justifiant qu’il crée davantage de difficultés qu’il n’aide à «lutter contre les graves discriminations sexistes».

Le CILF estime tout d’abord que l’appellation «écriture inclusive», qu’il qualifie de «dérive qui conduit à une imposition idéologique voire dictatoriale», est employée à tort, car «il n’est pas question d’une écriture», mais de typographie.

«La langue française n’est pas sexiste. Le genre des noms de personnes n’est pas sexuel, mais grammatical (une vedette peut se dire d’un homme, un génie peut se dire d’une femme)», justifie-t-il.

«Dans la langue orale, il crée des segments inexistants en français et rend les formes imprononçables. Dans la langue écrite, il conduit à des amalgames (iels) qui gênent le lecteur et nuisent à la lecture linéaire essentielle à la compréhension d’un texte», poursuit-il, rappelant que de nombreux noms de métiers, fonctions ou titres ont déjà été féminisés.

Quelle règle en francophonie?

L’Académie française estime que «l’écriture inclusive trouble les pratiques d’apprentissage et de transmission de la langue française, déjà complexes». L’avis publié en mai avait notamment été cité par le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer pour interdire son usage dans l’enseignement. Dans les textes administratifs en France, le dédoublement est demandé en parlant de fonctions, titres, grades, métiers, par exemple «le candidat ou la candidate».

En Suisse, un «guide de formulation non sexiste» sert de base pour les textes administratifs depuis 2000, privilégiant la féminisation des mots (autrice y est accepté). En février dernier, la RTS (média de service public suisse) avait créé la polémique en annonçant utiliser l’écriture inclusive. La décision avait notamment fait bondir la DLF (Défense de la langue française) suisse, laquelle considère qu’il s’agit d’une «arme de guerre» et d’un «piège mortel pour la langue française».

Fin juin, l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique s’est également prononcée contre, jugeant qu’elle présente des «formes contre-intuitives et très instables».

«La tentative d’imposer une “novlangue” relève d’une pratique inquiétante qui créera paradoxalement de l’exclusion en matière d’apprentissage et d’enseignement de la langue française chez les usagers déjà les plus défavorisés», conclut-elle.

Depuis septembre 2020, le guide «Inclure sans exclure» publié par la Fédération Wallonie-Bruxelles demande d’éviter de recourir au point médian.

L’avis est le même au Canada, où l’Office québécois de la langue française estime qu’il «est préférable de ne pas utiliser les doublets abrégés dans les textes suivis». Il convient ainsi d’écrire un entraîneur ou une entraîneuse plutôt qu’entraîneur.euse. Il propose lui aussi un guide baptisé «formation sur la rédaction épicène», mais recommande l’emploi des appellations au féminin depuis 1979.

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Tags:
francophonie, Académie française, institutions, langue française, écriture inclusive
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