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Réagissant aux manifestations sans précédant à Cuba, le maire de Miami Francis Suarez a déclaré que les autorités américaines devaient envisager une solution militaire pour renverser le régime communiste au pouvoir. De son côté, la diplomatie russe met garde Washington contre les tentatives d’intervenir dans les affaires d’un État souverain.

Issu d’une famille d’immigrés de Cuba, le maire de Miami Francis Suarez s’est montré préoccupé par les dessins de l’île qui selon lui propage le communisme dans le monde entier. C’est pourquoi il n’a pas exclu que les États-Unis doivent y intervenir militairement comme ils l’avaient fait au Panama, au Pakistan et au Kosovo.

L’édile a tenu de tels propos sur Fox News le 13 juillet à propos des manifestations de masse qui ont eu lieu le 11 juillet dans plusieurs villes de Cuba. Quand l’animatrice lui a demandé de préciser s’il avait en vue «des frappes aériennes contre l’île», il a répondu qu’une intervention militaire devait être envisagée et ne devait pas être écartée «comme une option qui n'est pas sur la table».

«C'est quelque chose qui doit être discuté et qui doit être considéré comme une option potentielle en plus d'une variété d'autres qui peuvent être discutées», a-t-il poursuivi.

Plus tard, il a déclaré au Miami Herald qu'il attendait un appel du Président Biden et prévoyait de lui demander d'envisager une opération militaire.

«Il est difficile pour tout élu, Républicain ou Démocrate, de ne pas prendre le parti du peuple cubain lorsqu'il voit des images de personnes risquant leur vie, manifestant dans les rues», a-t-il ajouté.

Des manifestations de masse à Cuba

Les manifestations, sans précédent depuis le triomphe en 1959 de la révolution dirigée par Fidel Castro, ont réuni des milliers de personnes dans les rues de plusieurs villes de l’île. Les protestataires réclamaient entre autres l’organisation d’élections libres et une solution aux problèmes sociaux aggravés par la crise du Covid-19.

Ces manifestations ont conduit à des affrontements entre les participants et les forces de l'ordre ainsi qu’avec des partisans du Président Miguel Diaz-Canel. Ce dernier a d’ailleurs blâmé les organisateurs, «des mercenaires» qui sont «à la solde du gouvernement américain».

Washington soutient «l’appel clair à la liberté»

La Maison-Blanche n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué publié lundi 12 juillet, Joe Biden a appelé le pouvoir cubain «à entendre son peuple et à répondre à ses besoins». «Nous nous tenons aux côtés du peuple cubain et de son appel clair à la liberté», a-t-il affirmé.

Comme les manifestations sont les plus importantes à Cuba depuis longtemps, «cela aura évidemment un impact sur la façon dont nous procédons», a par la suite expliqué la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki.

L’avertissement de Moscou

Dans ce contexte, Moscou a de nouveau appelé Washington à ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures des autres pays.

«Nous exhortons Washington à adopter enfin une position objective, à se débarrasser de l'hypocrisie, du deux poids, deux mesures en politique. Laissez les Cubains, leur gouvernement et leur peuple comprendre ce qui se passe et décider de leur propre sort!», a déclaré ce jeudi 15 juillet Maria Zakharova.

La porte-parole de la diplomatie russe a souligné que si Washington était vraiment préoccupé par la situation humanitaire à Cuba et voulait aider la population, il fallait commencer par la levée des sanctions contre ce pays.

Relations américano-cubaines

Après une reprise des relations diplomatiques entre 2014 et 2016 sous Barack Obama qui a même visité l’île en mars 2016, elles se sont de nouveau détériorées avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump qui a annulé la décision de son prédécesseur, réinscrit Cuba sur la liste des «États soutenant le terrorisme» et renforcé les sanctions.
Dans son message adressé aux Cubains, le nouveau secrétaire d’État américain Antony Blinken a pourtant salué «les liens étroits» entre les deux pays et a souligné que les États-Unis s’engageaient à nouveau à accompagner le peuple cubain dans sa quête pour déterminer son propre avenir.

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Joe Biden, intervention, Miami, militaires, États-Unis, Cuba
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