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Estimant que le droit accordé par la Cour européenne de justice (CJCE) d’interdire sous condition le voile islamique sur les lieux de travail touche à la liberté de religion, Recep Tayyip Erdogan a suggéré que cette institution européenne n’avait «aucun rapport avec une cour de justice».

La décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) d’autoriser les employeurs à interdire les symboles religieux, tels que le voile, sur le lieu de travail a mis son grain de sel dans les relations entre l’Union européenne et la Turquie.

Ces relations sont tendues depuis des années, sur fond de longs pourparlers sur la question de l’île divisée de Chypre et sur les droits de l’homme en Turquie, ainsi que sur les accusations régulières d’«islamophobie» portées par le chef de l’État turc contre les pays du continent.

Alors que la justice européenne a entériné que l’interdiction du voile «peut être justifiée par la nécessité pour l'employeur de présenter une image neutre vis-à-vis des clients ou de prévenir les conflits sociaux», le Président turc, fervent défenseur des musulmans, a tranché en accusant cet arrêt d’empiéter sur les libertés religieuses.

«La cour devrait changer de nom. Elle n'a aucun lien avec une cour de justice. Pour que ce soit une cour de justice, elle devrait d'abord apprendre ce qu'est la liberté de religion», a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d’une conférence de presse à Istanbul.

Cette décision prise par la plus haute juridiction de l'UE est «dangereuse en termes de haine contre l'islam qu'elle peut alimenter», a martelé à son tour la diplomatie turque.

Cette réaction survient deux semaines après que la Turquie s’est officiellement retirée de la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul). Ce retrait a été critiqué par des opposants turcs et des pays occidentaux. De nombreux conservateurs turcs ont de leur côté affirmé que cet accord nuisait aux structures familiales protégeant la société.

Voile en Turquie

La Turquie a connu une histoire longue et controversée autour du port du hijab. En 1925, le pays avait officiellement interdit aux femmes de porter le voile. Les autorités ont tenté à plusieurs reprises de réintroduire la mesure. En 2013, alors qu'Erdogan était Premier ministre, la Turquie a levé cette interdiction dans les institutions publiques.

Trois ans plus tard, le gouvernement a autorisé les policières à porter le voile sous leurs casquettes ou bérets officiels. En 2015, le voile a de nouveau été autorisé pour les proches des militaires dans les casernes et installations militaires.

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Tags:
Recep Tayyip Erdogan, port de voile, musulmans, islam, Cour de justice de l'UE (CJUE)
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