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Joe Biden a choisi de faire appel aux services d’Amos Hochstein comme envoyé spécial, chargé notamment du dossier Nord Stream 2, selon Axios. Le haut responsable est connu pour être un farouche opposant au projet.

Sur fond de flambée des prix du gaz en Europe, Joe Biden vient de nommer un nouvel envoyé spécial à l’Énergie, rapporte le média Axios. Il s’agit d’Amos Hochstein, proche conseiller de Biden durant ses années de vice-présidence, et un temps pressenti pour devenir ambassadeur des États-Unis en Israël.

Le haut responsable sera notamment chargé de mettre en œuvre l’accord américano-allemand sur le Nord Stream 2. Un accord qui acte l’impossibilité d’arrêter la construction du gazoduc, mais tente de mettre la pression sur Moscou pour qu’il continue son transit de gaz via l’Ukraine.

La nomination d’Amos Hochstein à ce poste a surpris les observateurs, le Faucon étant connu pour son hostilité au chantier. En 2019, il avait notamment déclaré que le Nord Stream 2 représentait une véritable «crise existentielle pour l’Ukraine», sur Twitter.

Un gage donné à Kiev et Varsovie?

Le choix d’un tel opposant au projet pourrait traduire la volonté de Washington de donner des gages aux pays d’Europe de l’Est, analyse Axios. L’accord américano-allemand a en effet provoqué la colère de la Pologne et de l’Ukraine, qui comptaient sur un arrêt total des travaux. Pour certains, la nomination d’Amos Hochstein ferait même office de cache-misère.

«Ils essaient de cacher ce terrible accord derrière sa crédibilité, dans l'espoir que cela fera oublier à quel point le deal est mauvais», a ainsi déclaré à Axios une source qui a déjà travaillé avec Hochstein sur les questions énergétiques.

Du côté de Kiev, la nomination de ce nouveau responsable a été accueillie avec un optimisme prudent. Amos Hochstein n’est d’ailleurs pas un inconnu en Ukraine puisqu’il a siégé au conseil de surveillance de la compagnie gazière Naftogaz.

«L’espoir à Kiev est que cette nomination [….] entraîne une réelle amélioration et ne soit pas un simple habillage de fenêtre», explique à Axios une source proche du Président Volodymyr Zelensky.

Amos Hochstein avait déjà été approché pour tenir le rôle d’envoyé spécial sur le Nord Stream 2 en avril dernier, rapportait alors le média Politico. À l’époque, les sanctions antirusses n’étaient pas encore levées et l’administration Biden n’avait pas encore changé son fusil d’épaule, pensant encore pouvoir stopper la construction.

Le Nord Stream 2 est désormais achevé à 99%, selon son opérateur. Les travaux de pose devraient se terminer d’ici fin août. Des tests seront ensuite menés pendant plusieurs mois. Depuis l’ouverture du chantier en 2018, le gazoduc a polarisé tous les regards et donné lieu à d’importantes tractations diplomatiques, notamment de la part de Berlin, partisan du projet.

Après avoir misé un temps sur les sanctions antirusses, Washington s’est finalement résolu à chercher une autre voie, avec son partenaire allemand. L’accord américano-allemand trouvé en juillet dernier prend acte de l’achèvement du chantier et de la levée de sanctions, tout en s’engageant à œuvrer pour la sécurité énergétique de l’Ukraine.

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Tags:
Nord Stream 2, Joe Biden, Ukraine, gaz, gazoduc
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