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Après avoir interpellé Emmanuel Macron sur les Afghans en danger, la maire de Lille a lancé un appel aux dons pour soutenir les réfugiés venus de ce pays. La France qui en 2020 a reçu plus de 10.000 demandes d’asile se montre plutôt réticente à recevoir des Afghans qui fuient les talibans*.

Alors que les talibans* progressent en Afghanistan sur fond de retrait des forces américaines et de l'Otan, la mission de l'Onu en Afghanistan (Unama) avertit que le pays risque de déplorer cette année «un nombre sans précédent de civils afghans» qui «vont périr et être gravement blessés». Vraisemblablement, le nombre de demandeurs d’asile devrait augmenter lui aussi.

Réagissant à cette situation, Martine Aubry, la maire de Lille, a déjà interpellé début août le Président de la République concernant l’accueil «des Afghans en danger» et a souligné que la ville pourrait y prendre sa part.

​Lundi 9 août, l’édile a annoncé dans un communiqué que, faisant preuve de solidarité et d’hospitalité, la Fondation de Lille et la Ville de Lille avaient lancé un appel à des dons qui «permettront de prendre en charge des frais de rapatriement et les frais de la vie quotidienne» de ces Afghans.

Plus de visas pour les Afghans

Il convient de rappeler pourtant que la France, qui a octroyé début juin des visas à 600 Afghans employés de structures françaises ou francophones, freine désormais ces derniers temps leur délivrance à ces ressortissants.

Ainsi, le 9 juillet, Le Figaro a annoncé que le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a donné pour consigne au consulat de France à Islamabad, au Pakistan, de ne plus octroyer de visas aux Afghans qui en font la demande. Si le Quai d’Orsay a expliqué cette mesure par «une réduction temporaire des effectifs de l’ambassade», le quotidien a appris que les Pakistanais, à la différence des Afghans, peuvent toujours se rendre au consulat pour avoir un visa.

Le Figaro indique que les consulats de Kaboul et d’Islamabad reçoivent un nombre très important de demandes de la part des Afghans qui veulent se rendre en France. Il évoque également 60 à 80 anciens auxiliaires de l’armée française à Kaboul qui ne peuvent pas avoir un visa et attendent parfois depuis des années.

Un ancien auxiliaire victime des talibans*

Parmi ces employés de l’armée française figurait Basir Jan, dont la mort a été annoncée le 22 juin par le journaliste Quentin Müller. Selon Le Figaro, l’homme a travaillé de 2008 à 2013 en tant que cuisinier sur la base militaire française de Warehouse, à Kaboul. Il réclamait depuis 2013 un visa français pour lui et sa famille, mais l’ambassade de France à Kaboul a à trois reprises rejeté sa demande.

Lundi 9 août, le même journaliste a écrit sur Twitter (@MllerQuentin) recevoir depuis quelques jours «des mails désespérés d'Afghans ayant bossé pour d'importantes ONG françaises» et qui «craignent pour leur vie».

​«Le fait est que des milliers d'Afghans vont quitter leur pays et des millions vont vivre hors de leurs frontières pendant un temps. Ces populations vont se diriger vers l'Europe et l'ont déjà fait. L'Europe a beau cadenasser ses frontières, ce peuple va vivre avec le nôtre», a-t-il également constaté.

Les statistiques

D’après les derniers chiffres de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), en 2020 déjà, les Afghans ont été les plus nombreux à demander l’asile en France, avec 10.110 demandes, devant la Guinée et le Bangladesh. Se référant au dernier rapport d’activités de l’Ofpra, le portail Infomigrant indique que la France accepte actuellement moins de 60% de ces demandes contre 84% en 2017. D’après les chiffres d’Eurostat, 6.685 Afghans ont obtenu un statut protecteur en France en 2017.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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Tags:
France, Afghanistan, réfugiés, talibans, immigration
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