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Alors que les talibans* contrôlent près de 65% du territoire de l’Afghanistan et s’approchent de sa capitale, le ministre russe de la Défense a qualifié cette situation issue du retrait des Américains de «bien plus compliquée» que celle ayant suivi le retrait de l’armée soviétique en 1989.

Trois mois et demi après le début du retrait des troupes américaines d’Afghanistan, les talibans* contrôlent deux tiers du pays et s’emparent actuellement d’une ville située à 150 kilomètres de la capitale afghane. Une situation plus grave qu’elle ne l’était après le départ de l’armée soviétique en 1989, a estimé ce 12 août le ministre russe de la Défense.

«La situation est bien plus compliquée», a-t-il déclaré.

Les talibans* ne cessent de progresser activement en Afghanistan. Actuellement, ils contrôlent environ 65% du territoire, selon l’Union européenne. En une semaine, 10 des 34 capitales provinciales afghanes sont tombées entre leurs mains. Ce 12 août, ils se sont emparés de la ville de Ghazni, la capitale provinciale la plus proche de Kaboul conquise par les insurgés.

Comme ces derniers contrôlent les frontières de l’Afghanistan avec l’Ouzbékistan et le Tadjikistan, ces pays risquent de subir des incursions de terroristes, a déclaré la veille le ministre russe de la Défense. Rappelant que les talibans* avaient promis de ne pas commettre d’attaques contre les pays limitrophes, Sergueï Choïgou a souligné que ceux-ci devaient toutefois être prêts à repousser leurs attaques.

Catastrophe humanitaire

La diplomatie afghane s’est déclarée profondément préoccupée par cette offensive. Les actions des talibans* ont conduit à des crimes de guerre, des violations choquantes des droits de l’homme et à une catastrophe humanitaire dans le pays, indique un communiqué du ministère afghan des Affaires étrangères.

La communauté internationale, en particulier les pays participant au règlement du conflit, dont la Russie, les États-Unis, la Chine et le Pakistan, a été appelée par le gouvernement du pays à mettre en place des mesures visant à empêcher les attaques des talibans* et à lancer des négociations pour instaurer un cessez-le-feu immédiat et conclure un accord politique.

Le 14 avril, Joe Biden avait annoncé sa décision de mettre un terme d’ici fin août à la présence américaine en Afghanistan, l’opération militaire la plus longue de l’histoire des États-Unis. Le 11 août, le Président américain a déclaré ne pas regretter le retrait de ses militaires du pays et a appelé les dirigeants et les soldats afghans à s'unir pour combattre les talibans*.

«Nous avons dépensé plus de 1.000 milliards de dollars en 20 ans, entraîné et équipé […] plus de 300.000 militaires afghans», a-t-il dit, ajoutant qu'il continuera de soutenir le pays.

Selon des sources du gouvernement américain citées par la BBC, Kaboul, capitale du pays, pourrait être prise par les talibans* d’ici trois mois.

Le retrait de l’armée rouge en 1989

Après que les soldats soviétiques s’étaient retirés du pays en 1989, l’opposition afghane avait effectué une série d’offensives. Cependant, les forces gouvernementales avaient repoussé les attaques et même lancé des contre-offensives dans certaines régions. Plusieurs facteurs ont contribué à l’affaiblissement des terroristes, dont la poursuite des livraisons d’armes aux soldats afghans par l’Union soviétique.

L’État afghan a réussi à maintenir sa position face aux rebelles pendant trois ans jusqu’à ce que Kaboul soit envahi en 1992 par les moudjahidines.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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Tags:
Afghanistan, Russie, talibans, URSS, États-Unis
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