International
URL courte
Par
5822376
S'abonner

La Russie s’est déclarée étonnée du refus de l'Espagne d'autoriser l'entrée de ses bâtiments dans le port de Ceuta, une décision contraire à la Déclaration de partenariat des deux pays, selon le ministère des Affaires étrangères.  

Moscou a réagi au refus de l'Espagne d'autoriser l'entrée de bâtiments russes dans le port de Ceuta.

«C’est avec perplexité que nous avons appris la nouvelle du refus des autorités compétentes espagnoles de délivrer un permis d'entrée de navires de la flotte russe du Nord (du grand navire anti-sous-marin Vice-amiral Koulakov et du remorqueur Altay) dans le port de Ceuta. La situation semble pour le moins étrange, surtout sur fond de l’actuelle pratique positive de collaboration en matière d'arrivée de bâtiments de guerre russes dans les ports espagnols», indique le ministère russe des Affaires étrangères dans un commentaire publié sur son site.

En outre, les autorités espagnoles ont permis la fuite de cette information dans les médias du pays, «cherchant apparemment à manifester leur fidélité à l'aile russophobe de l'Otan dans le cadre des préparatifs du sommet de l'Alliance prévu à Madrid pour 2022», a souligné la porte-parole du ministère russe, Maria Zakharova.

«Cette démarche est évidemment contraire à l'esprit de la Déclaration de partenariat stratégique signée entre les deux pays en 2009, ainsi qu'à la coopération russo-espagnole qui se développait de manière constructive ces dernières années», a-t-elle constaté.

Explications des deux parties

L’ambassade de Russie en Espagne a évoqué la possibilité pour les deux navires russes de jeter l’ancre dans le port de Ceuta. Le ministère espagnol des Affaires étrangères a demandé des données concernant l’itinéraire qu’ils suivront après avoir quitté Ceuta.

«Les informations nécessaires ont été rapidement fournies», écrit l’ambassade sur son compte Twitter.

Entretemps, des sources officielles au ministère espagnol ont affirmé avoir demandé aux interlocuteurs russes plus d'informations, qui n’ont pas été fournies, indique El Confidencial qui a fait état de l’incident dès le 18 août.

Le journal fait remarquer qu’un remorqueur avait déjà été mobilisé pour rendre ses services, le conducteur du port de Ceuta était prêt et les drapeaux russes étaient sur le point d’être hissés sur les mâts en signe de bienvenue aux deux bâtiments.

El Pais a expliqué que la Russie avait demandé une autorisation du 18 au 20 août pour le grand navire anti-sous-marin Vice-amiral Koulakov et le remorqueur Altay. Le ministère espagnol de la Défense n’y voyait aucun problème. Toutefois, son approbation ne suffit pas, car les navires de guerre étrangers exigent que le permis soit délivré par voie diplomatique. C'est le ministère espagnol des Affaires étrangères qui a pratiquement opposé son veto.

Navires russes à Ceuta

La dernière entrée de bâtiments russes dans le port de Ceuta pour ravitaillement remonte à novembre 2018: il s’agissait du croiseur lance-missiles Maréchal Oustinov en compagnie d'un navire de ravitaillement et d'un remorqueur.

Les navires de la Marine russe n'ont pas fait escale à Ceuta au cours des deux années précédentes, après qu'en octobre 2016 trois bâtiments, dont le porte-avions Amiral Kouznetsov, qui se rendaient en Syrie, ont refusé d'entrer dans ce port espagnol. Le ministère espagnol des Affaires étrangères, qui disposait d’informations sur un éventuel soutien de ces navires aux opérations militaires à Alep, en Syrie, avait demandé des précisions à l'ambassade de Russie à Madrid.

Lire aussi:

Sous-marins: «trahison» pour le ministère des Armées, mais pas de «catastrophe industrielle» pour Le Maire
Sous-marins australiens: la Russie tourne la France en dérision en rappelant les Mistral
Macron évoque la possibilité de «lever le pass» dans certains territoires
Tags:
Russie, Espagne, Ceuta, bâtiments de guerre
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook