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Retour des talibans au pouvoir en Afghanistan, août 2021 (140)
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Le Président russe estime que le flot d’Afghans qui quittent actuellement l’Afghanistan pourrait être mis à profit par des radicaux pour s’infiltrer dans le pays en se faisant passer pour des réfugiés.

Vladimir Poutine a abordé ce 22 août la situation en Afghanistan et le problème des réfugiés en s’exprimant devant les responsables du parti Russie unie, au pouvoir. Il a notamment déclaré qu’il souhaitait avant tout garantir la sécurité de ses concitoyens dans le contexte de la reprise du pouvoir par les talibans* il y a exactement une semaine.

C’est un des objectifs prioritaires, notamment de la diplomatie russe, a-t-il affirmé, ajoutant que la situation en Afghanistan était «en rapport direct avec notre sécurité». En outre, il estime très important d’empêcher les terroristes d’utiliser les flux migratoires pour s’infiltrer en Russie.

«Nous ne voulons pas que des radicaux s’infiltrent chez nous en se présentant comme des réfugiés d'Afghanistan […]. Nous ne voulons pas d'éléments [criminels, ndlr] ni d'Afghanistan ni d’autres pays où il y en a.»

Vladimir Poutine a rappelé dans ce contexte la situation en Syrie, indiquant que la Russie faisait tout afin que ce pays ne devienne pas un sanctuaire du terrorisme.

«Pourquoi nous sommes-nous engagés en Syrie? Justement pour éviter que la Syrie ne se transforme en une sorte d'Afghanistan pour devenir un foyer du terrorisme», a expliqué le chef de l’État.

Les pays d’Asie centrale

Il a également critiqué l’idée de l'Occident d’installer des réfugiés d'Afghanistan dans des pays d'Asie centrale le temps qu’ils obtiennent des visas pour les États-Unis et l’Europe.

«Nos partenaires occidentaux posent la question de l'hébergement des réfugiés dans les pays d'Asie centrale dans l’attente d’un visa pour les États-Unis ou ailleurs. Alors, dans ces pays, chez nos voisins, ils veulent envoyer du monde sans visa sans pour autant accepter qui que ce soit sans visa chez eux?»

Plusieurs ex-Républiques soviétiques d'Asie centrale, à savoir l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan, partagent une frontière commune avec l'Afghanistan et les terroristes pourraient en profiter.

«Qui se trouve parmi ces réfugiés, comment pouvons-nous le savoir? Ils peuvent être des milliers, voire des centaines de milliers ou même des millions», a-t-il noté.

Il a rappelé la situation en Russie dans les années 1990 et au milieu des années 2000, lorsque le Caucase du Nord avait connu «pratiquement des hostilités».

«Nous ferons tout pour garantir, notamment en contact avec nos partenaires occidentaux, la stabilité en Afghanistan. Nous ne voulons pas voir se répéter dans quelque mesure que ce soit ce qui a eu lieu dans les années 1990 et au milieu des années 2000 […]. Ces horreurs que nous voyons sur le territoire afghan, nous les avons eues chez nous il n’y a pas très longtemps. Maintenant, tout est stable et calme. Il y a des problèmes, mais ce n'est pas comparable à ce que l’on a eu».

La diplomatie russe

Évoquant dans ce contexte les activités de la diplomatie russe, Vladimir Poutine a admis que celle-ci avait été critiquée il y a quelque temps pour «une position vague sur la protection de nos intérêts nationaux sur la scène internationale». Il a cependant constaté qu’actuellement la situation était «tout autre».

«Notre ministère des Affaires étrangères occupe une position très active, combative».

La situation en Afghanistan et son impact sur la sécurité dans la région seront au cœur des négociations, le 23 août, lors d’un sommet en ligne de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), une alliance militaire qui regroupe l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Russie et le Tadjikistan. C’est ce dernier qui préside la structure en 2021.

*Organisation terroriste interdite en Russie

Dossier:
Retour des talibans au pouvoir en Afghanistan, août 2021 (140)

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Russie, Afghanistan, Vladimir Poutine
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