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L’ambassade russe en France a répondu à Franck Riester, ministre délégué chargé du Commerce extérieur, qui avait critiqué la réunification de la Crimée avec la Russie en 2014 décidée lors d’un référendum.

Moscou espère que Paris œuvrera pour le respect par Kiev des accords de Minsk sur le règlement pacifique du conflit dans l’est de l’Ukraine, a déclaré ce mardi 24 août l’ambassade de Russie en France, commentant des propos émis par Franck Riester, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, lors d’un forum sur la Crimée.

«Lors du référendum de 2014, 96% des Criméens se sont prononcés en faveur de la réunification de la péninsule avec la Russie. Nous attendons de voir la France œuvrer en faveur de l'application, par l'Ukraine, des accords de Minsk et des arrangements conclus lors du Sommet de Paris [au format Normandie, ndlr]», a indiqué l’ambassade sur Twitter.

​L’ambassade a en outre rappelé que le taux de participation au référendum avait dépassé 83% en Crimée et 89% à Sébastopol et que le bulletin de vote avait été imprimé dans les trois langues les plus utilisées sur la péninsule, à savoir l’ukrainien, le russe et le tatar de Crimée.

«Un acte de propagande dénué de sens»

Franck Riester avait précédemment qualifié d’illégale l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie, en représentant la France au forum «Plateforme de la Crimée» tenu le 23 août en Ukraine.

Pour le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, ce forum organisé par Kiev est un «acte de propagande dénué de sens» reposant sur une «solidarité faussement comprise entre les membres de l'UE et de l'Otan».

Les relations entre la Russie et les pays occidentaux se sont détériorées en lien avec la situation dans le Donbass et relative à la Crimée, qui avait réintégré la Russie après un référendum organisé en 2014. Accusant la Russie d'ingérence, l’Occident a imposé des sanctions à son encontre. Moscou a riposté en substituant progressivement des produits importés par des produits de fabrication nationale. Selon la Russie, le langage des sanctions est contre-productif.

Accords de Minsk

Les accords de Minsk comprennent le Protocole du 5 septembre et le Mémorandum du 19 septembre 2014 qui tracent la voie d’un règlement pacifique du conflit dans l’est de l’Ukraine. Ce conflit a éclaté après le lancement d’une opération militaire dans le Donbass par les forces arrivées au pouvoir en Ukraine suite à un coup d’État.

Le 12 février 2015, les dirigeants de la Russie, de l’Ukraine, de la France et de l’Allemagne ont présidé à la signature d’un ensemble de mesures visant à assurer l’application des accords de 2014. Cette nouvelle entente, baptisée Minsk II, prévoit le retrait des armes lourdes par l’Ukraine et les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, le désarmement des formations armées illégales, ainsi que le début d'un dialogue sur la tenue d'élections locales dans le sud-est de l'Ukraine.

Les dirigeants ukrainiens ne cachent pas leur refus de mettre en œuvre les accords de Minsk. Leonid Kravtchouk, chef de la délégation ukrainienne au groupe de contact tripartite de Minsk pour le conflit dans le Donbass, a déclaré en 2021 que ces accords ne seraient pas respectés. Le Président Volodymyr Zelensky a plusieurs fois déclaré que ces accords étaient nécessaires principalement pour maintenir les sanctions contre Moscou.

La Russie ne cesse de répéter qu’elle n’est pas partie au conflit en Ukraine et, par conséquent, aux accords de Minsk où elle a le rôle d’observateur.

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Russie, France, Crimée, Franck Riester, ambassade de Russie en France
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