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L’attaque meurtrière contre l’aéroport de Kaboul le 26 août n’a pas été une surprise pour le commandement américain qui était au courant d’un «événement avec de nombreuses victimes» qui devrait se produire, affirme Politico qui clame avoir consulté des documents secrets qui le confirment.

Le Pentagone était au courant d'une attaque en cours près de l'aéroport de Kaboul quelques heures avant l'explosion, écrit le média politique Politico, citant des documents secrets.

Il précise que seulement 24 heures avant que le kamikaze ne déclenche un engin explosif près de l'aéroport le 29 août, des chefs militaires américains de haut rang se sont rencontrés lors d'une réunion quotidienne pour discuter de la détérioration de la situation en Afghanistan.

Selon les documents, le chef du Pentagone, Lloyd Austin, a demandé à plus d'une douzaine de hauts responsables du ministère à travers le monde de se préparer à un «événement avec de nombreuses victimes».

L'un des chefs a mis en garde contre des informations significatives de renseignement indiquant que Daech* en Afghanistan planifiait une «attaque complexe».

Ainsi, les hauts fonctionnaires sonnaient l'alarme et se préparaient à une attaque potentielle qu'ils avaient réduite à un nombre limité de cibles possibles et à un délai de 24 à 48 heures, des estimations qui ont fini par être mortellement exactes.

Alors que les commandants de Kaboul ont évoqué que l’Abbey Gate, où les citoyens américains avaient été invités à se rassembler pour accéder à l'aéroport, était «le plus grand risque», et ont détaillé leurs plans pour protéger l'aéroport, les commandants ont décidé de garder la porte ouverte plus longtemps qu'ils le voulaient. Cela a été dicté par une tentative de permettre à leurs alliés britanniques, qui avaient accéléré leur calendrier de retrait, de continuer à évacuer leur personnel, basé à l'hôtel Baron.

«Je ne crois pas que les gens aient une quantité incroyable de risque au sol», avait alors lancé Lloyd Austin à en croire les documents consultés par Politico.

Un jour avant l’attaque meurtrière, le mercredi 25 août, Lloyd Austin a lancé la discussion en disant que les menaces augmenteraient dans les prochaines 24 à 48 heures, et a donné pour instruction à son équipe de rester axée précisément sur l’évacuation des citoyens américains de la ville. La veille, les forces américaines et de la coalition avaient transporté au total 19.000 personnes de Kaboul, a déclaré le Pentagone.

Des alertes des USA

Dans la semaine qui a précédé l'attaque, le Président états-unien et son administration ont parlé à plusieurs reprises en public de la menace générale que Daech* faisait peser sur l'aéroport. Joe Biden a même cité cette menace comme une raison de ne pas prolonger la mission militaire au-delà du 31 août.

Le Président a, en outre, prévenu ce week-end qu'une nouvelle attaque de Daech* était «très probable». Ces pronostics ont été suivis par les bombardements des États-Unis dimanche 29 août contre un véhicule conduit par un kamikaze qui fonçait vers l’aéroport de Kaboul.

Des attaques et attentats en Afghanistan

Le premier attentat lors du retrait des troupes américaines et de leurs alliés d’Afghanistan, que les États-Unis n’ont pas réussi à empêcher, était une série d’explosions qui se sont produites le 26 août 2021 près de l'aéroport de Kaboul. Cette attaque a été revendiquée par l’État islamique* au Khorasan. Elle a fait plus de 170 morts, dont 13 militaires américains.

Le 29 août, l’armée des États-Unis a ciblé une voiture conduite par un kamikaze à Kaboul, après qu’une nouvelle explosion a été entendue près de l’aéroport. La frappe a été effectuée par un drone.

Enfin, ce lundi 30 août, les États-Unis ont intercepté cinq roquettes tirées dans la matinée sur l’aéroport de Kaboul. Cette attaque a plus tard été revendiquée par Daech*.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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Pentagone, talibans, attentat, attaque, Kaboul, Afghanistan
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