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La fin de l’«ère d'opérations militaires majeures visant à refaire d'autres pays» a été marquée par le retrait des troupes américaines d’Afghanistan. Joe Biden a considéré cette mission comme relevant de la «miséricorde». Ses opposants républicains la qualifient de «honte absolue».

La «décision concernant l'Afghanistan ne relève pas seulement de l'Afghanistan. Il s'agit de mettre fin à une ère d'opérations militaires majeures visant à refaire d'autres pays», a déclaré mardi le Président américain dans une allocution consacrée au retrait des troupes de ce pays.

Pour lui, il ne s’agissait pas d’une mission de guerre mais d’«une mission de miséricorde» où 13 «héros» ont perdu la vie.

Les États-Unis avaient un choix: soit partir soit voir l'escalade du conflit, a-t-il affirmé.

«En avril, j'ai pris la décision de mettre fin à cette guerre. (…) L'hypothèse était que les plus de 300.000 membres des forces de sécurité nationale afghanes que nous avions entraînés et équipés au cours des deux dernières décennies représenteraient un adversaire de taille dans leur guerre civile contre les talibans*. Cette hypothèse, que le gouvernement afghan serait en mesure de tenir le coup pendant une période de temps au-delà du retrait des troupes, s'est avérée inexacte.»

Cependant, Washington était «préparé à toute éventualité», dont l'effondrement du gouvernement afghan, selon lui.

Un «succès»?

Pour le Président, le retrait des troupes a été un «succès extraordinaire», alors même que 100 à 200 Américains restent encore en Afghanistan.

Or, cela est critiqué par les Républicains, lesquels considèrent l'opération comme un «désastre complet», ainsi que l’a par exemple déclaré sur Fox News Jody Hice, représentant de la Géorgie à la Chambre des représentants.

Sur Twitter, le sénateur a réitéré: «Cela n'aurait pas pu être un pire désastre! L’administration Biden a abandonné l'Amérique».

​Il l’a également appelé, à plusieurs reprises, à démissionner de son poste de Président, l’accusant notamment d’avoir abandonné les citoyens américains «ayant désespérément besoin d'être évacués». «Si Biden refuse de démissionner, il doit être destitué!», a-t-il encore martelé, qualifiant de «honte absolue» ce qui se passe en Afghanistan.

Appelé à démissionner

Le sénateur républicain Lindsey Graham lui a fait écho en condamnant, au micro de la chaîne de télévision CBS, la façon dont M.Biden, son ancien ami, avait clôturé cette guerre. À sa place, il n’aurait pas fait retirer les troupes. «Nous laissons derrière nous des milliers d'alliés afghans. Nous allons laisser des centaines de citoyens américains derrière nous. La chance d'un autre 11 septembre vient de monter en flèche». Selon lui, durant les 20 prochaines années, les Présidents américains auront à régler cette «catastrophe».

​Dans son discours, Joe Biden a rappelé que les États-Unis étaient «allés en Afghanistan» après les attaques du 11 septembre 2001. Il a noté que l'intérêt national vital de Washington était de «faire en sorte que l'Afghanistan ne puisse plus jamais être utilisé pour lancer une attaque contre notre patrie». Un objectif dont la réalisation est justement mise en doute par ses opposants.

Les troupes américaines ont quitté l’aéroport de Kaboul dans la nuit du 30 au 31 août, après 20 ans de présence sur le sol afghan. L’aéroport est désormais contrôlé par les talibans*. Zabiullah Mujahid, leur porte-parole, a déclaré que les États-Unis avaient perdu et n’avaient pas atteint les objectifs fixés.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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