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L’Australie teste une application pour contrôler les personnes en auto-isolement. Entre géolocalisation et reconnaissance faciale, son caractère intrusif est pointé du doigt.

Alors que la variant Delta a entraîné une recrudescence de cas à Sidney, malgré un confinement qui dure depuis plus de deux mois, les autorités australiennes tentent de prendre le taureau par les cornes, jusqu’à lancer une application de contrôle des quarantaines controversée en Australie-Méridionale.

Baptisée Home Quarantine SA, celle-ci enverra des messages aux utilisateurs, à des heures aléatoires, leur demandant de justifier de leur isolement, rapporte ABC News. Un système de reconnaissance faciale, couplé à la géolocalisation, permettra de prouver que la personne se trouve bien sur son lieu de quarantaine.

Les intéressés doivent s’exécuter sous un certain délai, au risque de voir l’application informer les services de police, qui procéderont alors à de plus amples vérifications.

«Nous ne leur disons pas à quelle fréquence ou à quel moment, cela est fait de manière aléatoire et ils doivent répondre dans les 15 minutes. Nous utilisons l’application simplement pour vérifier que les gens sont bien là où ils ont indiqué qu’ils seraient pendant leur quarantaine», a ainsi expliqué le Premier ministre d’Australie-Méridionale Steven Marshall à la presse.

Mis à l’essai en Australie-Méridionale, le dispositif doit d’abord concerner les personnes revenant des États limitrophes. Mais il pourrait bientôt s’étendre aux voyageurs internationaux.

L’opération doit permettre d’en finir avec les «médis-hôtels», ces hôtels transformés en lieu de quarantaines pour les voyageurs, et de favoriser l’isolement à domicile, alors que les frontières commencent à rouvrir. Mais l’application doit aussi alléger le travail des forces de l’ordre, réduites à frapper aux portes pour vérifier que les personnes observent bien leur isolement, a souligné Steven Marshall.

L’armée a même été déployée fin juillet à Sydney pour faire respecter le confinement. Les militaires avaient été mis à contribution pour faire du porte-à-porte.

Une application critiquée

La mise en place de l’application ne semble pas avoir fait grand bruit en Australie, rapporte le Guardian, mais elle a fait parler d’elle outre-Atlantique. La presse américaine a ainsi tiré à boulets rouges sur le procédé, Fox News et The Atlantic fustigeant notamment une technologie «orwellienne».

En Australie, le NSW Council for Civil Liberties, organisme de défense des libertés, a demandé un moratoire sur l’utilisation de la biométrie et de la reconnaissance faciale pour ce type d’application.

«C’est réalisé de manière très incomplète, sans les dispositions nécessaires quant à ce qui sera réellement fait avec les informations collectées», a ainsi déclaré au Gardian Michelle Falstein, secrétaire du NSW Council for Civil Liberties.

La troisième vague épidémique qui touche l’Australie a poussé plusieurs grandes villes à prolonger une fois de plus leur confinement, fin août. Melbourne et Canberra ont annoncé maintenir leurs restrictions. La réouverture des frontières entre les différents États pourrait se voir retardée, alors que le taux de vaccination sur l’île-continent avoisine les 36%.

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Tags:
Australie, application, Big Brother, surveillance, Covid-19, quarantaine, confinement
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