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    Palestiniens marchent avec leur drapeau national pendant une démonstration, 27 février 2015

    "Netanyahu va payer cher pour son intransigeance"

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    Alexandre Vassiliev
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    Malgré les tensions entre Israël et la Palestine après l’élection de Benjamin Netanyahu, les autorités de l’État hébreu ont quand même décidé de débloquer des millions de dollars de taxes destinés à l'Autorité palestinienne. L'annonce est tombée par communiqué, vendredi 27 mars.

    Comme l'a dit le porte-parole du premier-ministre, cette décision a été prise pour des raisons humanitaires et plus globalement en fonction des intérêts israéliens du moment.

    C'est en représailles à l'adhésion palestinienne à la Cour pénale internationale, que le gouvernement avait suspendu le versement des taxes. Au total, depuis le début du mois de janvier, c'est près de 340 millions d'euros qui manquaient dans les caisses palestiniennes.

    Néanmoins, les passions ne se sont pas apaisées: la Palestine est devenue malgré tout le 123eme membre de la Cour pénale internationale. À son tour, Benjamin Netanyahu a accusé le gouvernement palestinien, incluant le Hamas considéré comme terroriste par Israël, de "manipuler" la Cour.

    Exaspérés par des décennies de vaines négociations, sans aucune perspective de voir naître prochainement l'Etat auquel ils aspirent depuis longtemps, les Palestiniens ont fait le choix d'internationaliser leur cause.

    Qu'est-ce qui oblige le premier ministre israélien à faire des gestes de modération? Qu'impliquera l'adhésion de la Palestine à la CPI dans les relations entre les deux parties? Dominique Vidal, journaliste et essayiste, spécialiste du conflit israélo-palestinien et auteur de plusieurs livres nous a donné sa version:

    Dominique Vidal. La décision de débloquer des fonds destinés aux Palestiniens s'inscrit dans les rapports assez tendu actuellement entre Israël et les États-Unis. L'administration de Barack Obama a jugé d'une manière extrêmement négative la campagne menée par Benjamin Netanyahu au moment des élections du 17 mars. Il y a une période de grandes difficultés entre les deux pays. Cette décision de rendre aux Palestiniens ce qui d'ailleurs leur appartient vise à calmer la situation.

    Sputnik. Qu'est-ce qui va changer le fait que la Palestine est devenue officiellement membre de la Cour Pénale internationale? Qu'implique cette intégration?

    Dominique Vidal. C'est très important de point de vue des Palestiniens, puisque pour la première fois, on leur permettra de faire traduire les dirigeants israéliens en justice devant la Cour Pénale Internationale. Il s'agit notamment des crimes de guerre commis au moment des grandes périodes du conflit, je pense en particulier à la guerre contre la bande de Gaza lors de l'été dernier.

    Sputnik. Quelles conséquences peut entraîner une élection de Benjamin Netanyahu pour Israël et la Palestine?

    Dominique Vidal. Il y a deux choses. La première c'est l'interprétation des résultats parce qu'il a été dit des choses qui me semble tout à fait inexactes. Quand on regarde les chiffres et qu'on les compare à ceux de l'année 2013, on voit très bien que Benjamin Netanyahu a obtenu un score important, mais ce score n'est que l'addition des voix du Likoud et celles des parties qui étaient alliés avec le Likoud dans le gouvernement précédent. C'est-à-dire il n'y a pas de progrès de la droite et de l'extrême-droite, il y a simplement une capacité accru de Benjamin Netanyahu d'attirer les voix des partis qui sont ses alliés et en même temps ses concurrents. La deuxième chose c'est la manière dont Benjamin Netanyahu a gagné, c'est-à-dire en menant une campagne très extrémiste, je pense en particulier au refus de la création d'un État palestinien, mais je pense aussi à l'annonce d'une colonisation encore plus massive de la Cisjordanie et Jérusalem-Est. À mon avis, Israël va payer extrêmement cher pour cela sur le plan international, non seulement aux États-Unis, mais plus généralement dans l'arène de l'ONU. Il va y avoir un isolement d'Israël nettement plus fort, avec les conséquences que cela peut avoir pour les dirigeants de ce pays.

    Sputnik. Quelle est et quelle doit être la ligne politique française sur ce point?

    Dominique Vidal. C'est difficile de l'analyser parce qu'elle évolue. On a vu au moment de la guerre contre Gaza que le président Hollande avait manifesté un soutien qui a beaucoup choqué par son caractère très unilatérale à Israël. Depuis, l'Élysée aussi bien que Quai d'Orsay ont essayé de rééquilibrer cette politique. On a vu au moment du vote sur le projet de résolution franco-palestinienne au Conseil de sécurité en décembre 2014, où la France a voté en faveur de ce texte. J'ai entendu le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius annoncé que la France qui travaille à nouveau sur un texte pour la Palestine au Conseil de la sécurité, s'est engagée à voter une deuxième fois en faveur de ce texte. C'est un texte important puisqu'il fixe à la fois les frontières de futur État palestinien, c'est-à-dire les frontières du 4 juin 1967, il fixe la capitale Jérusalem-Est et il prévoit un délai de deux ans pour que les négociations aboutissent.

    Sputnik. À votre avis, est-ce qu'il est possible qu'un État palestinien apparaisse dans un futur proche?

    Dominique Vidal. Ça ne dépend que d'une chose, des rapports de forces que la communauté internationale voudra concrétiser ou non. Tant qu'il n'a pas de décision claire du Conseil de sécurité, tant qu'il n'y a pas la menace de sanctions à l'égard d'Israël s'il viole les résolutions de l'ONU et en général le droit international, ça n'avancera pas. Il y a visiblement la nécessité d'une pression extrêmement forte de la communauté internationale pour que le gouvernement israélien accepte de négocier sur la base du droit international. Il faut que les dirigeants israéliens sachent qu'ils doivent se plier aux décisions de la communauté. Internationale. Je vous rappelle que l'ONU avait partagé la Palestine le 29 novembre 1947 en prévoyant deux États et on attend toujours le deuxième.

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    Tags:
    Benjamin Netanyahu, Cour pénale internationale (CPI), ONU, Hamas, Dominique Vidal, Barack Obama, Cisjordanie, Jérusalem-Est, Palestine, Israël, États-Unis
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