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Pour le mois de décembre, l’Algérie n’a importé que 50.000 tonnes de blé, une quantité «considérablement» en recul par rapport à celle que le pays achète habituellement, indique l’agence Reuters.

Tel qu’annoncé au mois d’août par les ministres de l’Agriculture et du Commerce, l’Algérie a effectivement «considérablement» baissé ses importations de blé à moudre pour le mois de décembre, annonce l’agence Reuters en citant des traders européens spécialisés dans ce marché.

​En effet, sur fond de la rude concurrence que se livrent plusieurs pays, dont la France et la Russie, la production abondante de différents types de céréales enregistrée cette année en Algérie ainsi que la valorisation du blé dur, tendre et de l’orge a permis au pays de réduire drastiquement ses importations de blé. ​

Ainsi, selon Reuters, l’Algérie a commandé uniquement 50.000 tonnes de blé pour décembre. Cette quantité est estimée comme «considérablement plus faible» que celle habituellement achetée par le pays, précise le média, indiquant que l’origine du blé qui sera livré est optionnelle.

Qu’est ce qui a payé dans la stratégie algérienne?

En plus de la production, Saïd Djellab, ministre algérien du Commerce, a mis en avant les différentes mesures prises par le gouvernement concernant l’assainissement des minoteries et, ainsi, la réorganisation et la rationalisation de l’importation du blé.

«La possibilité de ne pas recourir à l’importation de produits subventionnés [dont le blé, ndlr] existe grâce aux mesures prises par le gouvernement à l’encontre de certains propriétaires de minoteries frauduleuses qui contournent les lois pour profiter des subventions allouées par l'État», a expliqué le responsable, cité par l’Algérie Presse Service (APS)

​Ainsi, mercredi 10 juillet, le gouvernement a pris la décision de fermer 45 minoteries dans le cadre de la réorganisation et de l'assainissement de la filière céréalière, a indiqué un communiqué relayé par l’APS.

À cet effet, Djamila Tamazirt, la ministre de l'Industrie et des Mines, a présidé, samedi 13 juillet, «une réunion regroupant les responsables du groupe public Agrodiv et de ses filiales pour établir un plan d'action qui vise à pourvoir au déficit de l'offre que pourrait induire la fermeture des minoteries par les pouvoirs publics afin d'éviter toute probable rupture ou perturbation d'approvisionnement du marché», a rapporté l’APS. Lors de cette réunion, Mme Tamazirt a demandé aux responsables de son secteur «de mobiliser tous les moyens et de préparer la logistique nécessaire pour satisfaire la nouvelle demande du marché».

Quels sont les pays qui se partagent le marché algérien?

Le site français Ports et Corridors a indiqué, dans son rapport consacré à la campagne céréalière 2018/2019, que l’Algérie avait importé, jusqu’à la fin avril 2019, 4,6 millions de tonnes de blé tendre depuis la France. Ce taux est en hausse de 34% par rapport aux quantités importées durant la saison 2017/2018. Par ailleurs, le site a indiqué que les fournisseurs français voyaient avec crainte l’arrivée du blé russe sur le marché algérien.

La même source précise que 55% des approvisionnements de l’Algérie durant cette période ont été fournis par les céréaliers français. Ces quantités de blé constituent le triple de ce que l’Algérie avait commandé à l’Hexagone durant la saison 2016/2017.

Par ailleurs, le site a rappelé qu’un lot test de 21 tonnes de blé russe avait été envoyé pour des analyses. Ainsi, Ports et Corridors a souligné qu’avec la hausse de sa production prévue en 2019, la Russie pourrait faire office de trouble-fête sur le marché algérien. À ceci s’ajoute la part que pourrait accaparer l’Argentine durant la saison prochaine, bien que sa présence actuelle ne soit pas concurrentielle.

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Tags:
blé, substitution aux importations, importations, Algérie
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