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    Puits de pétrole dans le désert

    La Libye compte sur l’Algérie pour augmenter ses réserves d’hydrocarbures

    © AP Photo / Hasan Jamali
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    La Libye veut augmenter ses réserves en pétrole et en gaz et compte sur l’aide de l’Algérie pour réaliser cet objectif, affirme le président de la compagnie nationale libyenne des hydrocarbures.

    La National Oil Corporation (NOC) libyenne veut augmenter sa production de pétrole et de gaz et souhaite que la Société nationale algérienne des hydrocarbures (Sonatrch) y participe dans le cadre d’un partenariat, rapporte le site spécialisé Oil and Gas Middle East, citant le président de la NOC, Mustafa Sanalla.

    Le média indique que M.Sanalla a rencontré jeudi 24 octobre Rachid Hachichi, PDG de Sonatrach, et lui a fait  part des projets de son entreprise d’augmenter sa production pétrolière et gazière, ainsi que du rôle qu’elle espère voir Sonatrach jouer dans la concrétisation de ses plans de développement. Par ailleurs, le président de NOC a exhorté Sonatrach à finaliser le plan de développement pour le bloc 65 dans le bassin de Ghadamès ainsi qu’à tenir ses engagements pour les blocs 95/96 du même bassin.

    Dans le même sens, les deux parties ont décidé de constituer un groupe de travail conjoint chargé d'étudier les questions d'intérêts communs et les opportunités dans le domaine du pétrole et du gaz. Ils ont également convenu que Sonatrach prendrait les mesures nécessaires pour accélérer la reprise de ses activités en Libye, suspendues depuis novembre 2018 pour des raisons de sécurité.

    La coopération entre Noc et Sonatrach, «un exemple de l’intégration maghrébine»?

    En novembre 2017, en marge d’un forum économique sur la coopération  transatlantique organisé à Washington par le think tank américain Center for transatlantic relations, M.Sanalla a mis en avant la question de l’intégration maghrébine dans une déclaration faite à l’Algérie Presse Service (APS).

    S’exprimant au cours de la première session du forum, consacrée au climat des affaires au Maghreb, le  responsable a réfuté le constat établi par quelques panélistes, selon lequel «l’intégration maghrébine demeurait dérisoire». Il a relevé que «la coopération pétrolière entre l’Algérie et la Libye illustrait la volonté des deux pays à renforcer davantage leurs relations économiques».

    «Nous comptons sur le retour du groupe pétrolier algérien (Sonatrach) en Libye avec l’amélioration de la situation sécuritaire», a-t-il soutenu.

    Dans ce cadre, M.Sanalla a indiqué que les découvertes réalisées par Sonatrach dans les blocs 95/96 à Ghadamès «étaient appréciables et marquaient aussi la volonté des deux groupes pétroliers de renforcer leur coopération». Il a par ailleurs souligné que des discussions  étaient en cours entre les deux entreprises sur l’exploitation des gisements frontaliers d’Alrar.

    Quels sont les enjeux géostratégiques du conflit en Libye?

    L'ex-chef d'état-major de l'Armée de terre algérienne et expert en sécurité et stratégie, le général-major à la retraite Abdelaziz Medjahed, a commenté à Sputnik l'évolution de la situation en Libye et ses enjeux géostratégiques.

    «L'Occident veut avoir la mainmise sur l'énergie pour dominer le monde», a-t-il déclaré. «Après le dollar [dans le cas des États-Unis, ndlr], ils veulent s'accaparer l'énergie et ils font tout pour», a-t-il ajouté.

    L'expert, également ex-directeur de l'École militaire de Cherchel, a considéré que, concernant ce qu'il se passe en Libye, au Mali, au Nigeria et en Afrique en général, «il ne faut pas chercher longtemps pour trouver qui est derrière». En plus de l'exploitation des richesses du continent, «ils sont actuellement en train de déplacer les terroristes qui ont combattu en Syrie vers l'Afrique». «L'Occident cède la Syrie, il essaie aussi de se retirer de ce pays, mais tout en cherchant à consolider ses positions en Afrique», a ajouté l'ex-haut gradé.

    Abordant l'aspect géostratégique de ce qu'il se passe en Libye, notamment depuis l'assaut des troupes du maréchal Khalifa Haftar sur la capitale Tripoli, M.Medjahed a souligné «qu'il faut prendre en considération la politique de la Chine, de la Russie et des pays émergents en Afrique». «Ces nouvelles puissances menacent de manière directe les intérêts occidentaux en Afrique».

    Dans le même sens, le spécialiste a affirmé que l'Otan, les États-Unis et la France sous Sarkozy avaient décidé d'attaquer la Libye parce que «Kadhafi a donné les contrats d'exploitation du pétrole et du gaz à la Russie, à la Chine et à l'Algérie, excluant ainsi les compagnies occidentales».
    Tags:
    exploitation, forage, gaz, gisements de pétrole, prix du pétrole, OPEP, pétrole, Libye, Algérie
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