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    Drapeau du Maroc brûlé à Paris: «Il s’agit d’un délit de blasphème à la sacralité de la souveraineté» marocaine

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    Le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger a fermement réagi contre les manifestants rifains qui ont piétiné et brûlé le drapeau du Maroc, samedi 26 octobre à Paris, dénonçant «un acte criminel qui n’a aucun rapport avec la liberté d’expression».

    Samedi 26 octobre, une manifestation a été organisée à Paris par des Marocains à l’occasion du 3e anniversaire du décès de Mohcine Fikri, le marchand de poisson dont la mort a été à l’origine du début du mouvement de contestation sociale dans le Rif, dans le nord du Maroc.

    Certains manifestants qualifiés par le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) de «séparatistes» ont piétiné et brûlé le drapeau du royaume chérifien, réclamant «l’indépendance du Rif» du «colonialisme alaouite [en référence à la famille royale marocaine, ndlr]» et en brandissant des drapeaux de la «République du Rif», fondée par Mohamed ben Abdelkrim el-Khattabi dans les années 1920 contre l’occupation espagnole. Lors de cette manifestation, des drapeaux berbères, catalans et basques ont été également brandis.

    Face à ce geste qui a déclenché un tollé d’indignation dans le royaume chérifien, le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger a fermement réagi dans un communiqué publié sur son site officiel, condamnant un acte «enfantin» et «lâche».

    «Il s’agit d’un délit de blasphème à la sacralité de la souveraineté nationale et d’une offense à la dignité de tous les Marocains où qu’ils soient», affirme le CCME. «La profanation du drapeau national représente un acte criminel qui n’a aucun rapport avec la liberté d’expression», ajoute Abdellah Boussouf, secrétaire général du CCME. C’est un «comportement barbare» qui «nuit à des générations de Marocains et Marocaines, du nord comme du sud du royaume, qui ont consenti d’immenses sacrifices pour l’indépendance du Maroc, l’unité de ses terres ainsi que pour son progrès et développement», poursuit-il, soutenant que «de telles méthodes provocatrices ne pourront atteindre ni la cohésion nationale ni l’attachement inaltérable des Marocains du monde à leur partie et à leur roi qu’ils ne cessent d’exprimer à toutes les occasions».

    ​Des Rifains présents à cette manifestation se sont également démarqués de cet acte commis «sur le sol français».

    Ainsi, Saïd Chramti, président de l’Association grand Rif des droits de l’Homme, a «condamné fermement l’acte perpétré par un groupuscule de séparatistes qui ont brûlé et piétiné le drapeau du Maroc, sur le sol français», dans une vidéo publiée sur son compte Facebook.

    ​Lors du même rassemblement, les manifestants, selon le site d’information Afrique L’Adulte présent sur place, ont lu un document dans lequel ils appelaient à «des mesures diplomatiques et à des sanctions et restrictions économiques contre le Maroc», tout en soulignant que le but de cette marche était «d’alerter les Français sur les récents développements politiques dans le Rif».

    Un autre mouvement séparatiste berbère en France

    En plus du Maroc, l’Algérie est également visée par un mouvement séparatiste kabyle qui a élu la France comme terre d’accueil. En effet, en juin 2010, à Paris, Ferhat Mehenni, président du Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK) avait annoncé la création du Gouvernement provisoire kabyle (GPK), l’Anavad, en exil.

    M.Mehenni avait appelé, dans une courte vidéo publiée de Londres le 4 juin 2018, les Kabyles à constituer des forces de sécurité destinées à se substituer aux forces algériennes.

    «Donc pour que cette indépendance devienne réalité, j'appelle la Kabylie, j'appelle le peuple kabyle à accepter de bonne grâce et en toute conscience la mise sur pied d'un corps de contrainte, d'une organisation de sécurité de la Kabylie», avait-il déclaré. Cette étape est nécessaire, selon M.Mehenni, qui ajoute qu'à défaut «nos enfants continueront d'aller à l'école de l'aliénation [l'école algérienne, ndlr] et se faire tabasser dans la rue par la police coloniale [la police algérienne, ndlr] à chaque fois qu'ils descendent pour protester pour n'importe quoi». «Donc il faut que l'autorité coloniale [l'autorité algérienne, ndlr] soit remplacée par l'autorité kabyle», a-t-il lancé.

    Par ailleurs, Ferhat Mehenni a rappelé que «c'est à partir d'ici [Londres, ndlr] que de Gaulle a lancé son appel du 18 juin», en ajoutant qu'il avait «l'immense bonheur d'être dans ses traces et d'appeler la Kabylie à s'organiser pour son indépendance».

    Auparavant, lors de sa visite en Israël en août 2013, Ferhat Mehenni avait affirmé, dans un entretien avec la chaîne Guysen TV, que si la France perdait la Kabylie «elle perdrait toute l’Afrique du Nord dont la Kabylie est le pivot».

    Le Rassemblement pour la Kabylie (RPK) avait condamné les propos du chef du MAK dans un communiqué rendu public le 4 juin 2018.

    «Le bureau exécutif du RPK réuni en date du 04/06/2018 considère les propos tenus par M.Ferhat Mehenni, au cours d'une conférence à Londres, d'une extrême gravité pour les faire passer, cette fois-ci, sous silence», a écrit Hamou Boumedine, le coordinateur du RPK.

    «La résistance face à l'autoritarisme du pouvoir algérien, doit-on le réaffirmer, doit garder son caractère pacifique, reflet de son essence, et point d'ancrage duquel ses détracteurs voudraient la dévier. Le combat des mouvements démocratiques a toujours été pacifique et a vocation à le demeurer!», avait-il ajouté.
    Tags:
    drapeau, séparatisme, Hirak, Kabylie, Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), Algérie, Maroc
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