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Une mosquée a été profanée lundi 28 octobre à l’aube dans le sud de l’Algérie. Elle portait l’inscription «Jésus-Christ» en langue arabe, rapporte le site Ennahar Online qui a publié une photo de l’acte. Un coran déchiré a également été découvert. Les autorités ont ouvert une enquête pour identifier les responsables.

Sur fond de polémique autour de la fermeture de plusieurs églises protestantes en Algérie, une mosquée a été profanée avec «des inscriptions chrétiennes» dans la wilaya (région) de Djelfa, dans le sud de l’Algérie, rapporte le site d’information arabophone Ennahar Online. Par ailleurs, un coran a été découvert déchiré, ajoute la même source.

Le média précise que c’est la mosquée du quartier Dar El Chouyoukh et son école coranique qui ont été prises pour cible par les profanateurs. La photo publiée par Ennahar Online permet de constater la présence de l’inscription «Jésus-Christ» en langue arabe sur le mur de la mosquée.

Dans l’école coranique, les profanateurs ont déchiré le chapitre Mohammed, du nom du messager de l’Islam, d’un coran découvert par les fidèles. Ils ont immédiatement alerté la police.

Face à cet acte inédit dans la région, les services de sécurité ont ouvert une enquête pour comprendre cet acte isolé et en découvrir les auteurs.

Au vu de la situation politique sensible que traverse l’Algérie depuis le 22 février, et à l’approche de l’élection présidentielle du 12 décembre, des voix se sont élevées pour appeler à la sagesse et à éviter toute amalgame qui pourrait injustement viser les Algériens de confession chrétienne en tentant de leurs imputer la responsabilité de ces actes.

Dans un entretien accordé à Sputnik, le pasteur Salah-Eddine Chalal, président de l’Église protestante d’Algérie (EPA), a indiqué qu’il y avait 46 communautés chrétiennes protestantes réparties sur 12 wilayas pour un nombre de fidèles estimé à 50.000.

Les précisions du ministère algérien de l’Intérieur

Puits de pétrole dans le désert
© AP Photo / Hasan Jamali / Puits de pétrole dans le désert
Contrairement aux informations relayées par certains médias et sur les réseaux sociaux, les autorités algériennes n’avaient pas uniquement pointé les églises protestantes. En effet, dans une directive aux walis (préfets) et responsables de sécurité des wilayas (régions), le ministère de l’Intérieur a appelé à l’intensification des enquêtes sur les activités financières suspectes de certains groupes religieux.

Dans ce cadre, la note publiée le 8 septembre par le quotidien El Khabar désigne trois groupes, dont l’Église protestante d’Algérie (EPA) et deux organisations islamistes connues pour leurs stratégies agressives.

Non à la division, les Algériens sont tous frères, écrit ce manifestant un 5juillet 2019 à Alger
© Sputnik . Selma Kasmi . Non à la division, les Algériens sont tous frères, écrit ce manifestant un 5juillet 2019 à Alger
Dans le même entretien à Sputnik, le pasteur Chalal confirme cet état de fait. Il affirme «qu’en dépit de la reconnaissance de la liberté de culte par la constitution, les minorités religieuses sont en danger et de moins en moins respectées».

«Nous avons vu les attaques dont ont fait objet les ahmadis, les chiites, les karkarites [tous trois musulmans, ndlr] et aujourd’hui, nous, protestants», a-t-il ajouté, soulignant qu’«au niveau de la population, les mentalités commencent à s’ouvrir». «Les citoyens musulmans, athées — ou autres — sont venus nous soutenir, nous témoigner leur solidarité et nous encourager à demeurer pacifiques», a-t-il poursuivi.

Auparavant, dans un communiqué, l’Église Protestante d’Algérie a récusé toute «leçon de patriotisme», rappelant que les responsables et membres de sa communauté «sont des Algériens à part entière et enfants de l’Algérie, qu’ils aiment autant que le reste des Algériens, musulmans ou autres».

En réponse à ceux qui ont crié au scandale, évoquant la restriction de la liberté de conscience et de culte, comme si le gouvernement avait procédé à la fermeture de tous les temples protestants, Salah-Eddine Dahmoune, ministre algérien de l’Intérieur, a précisé qu’uniquement «12 sur 49 hangars transformés en églises et activant de manière illégale ont été fermés». Et de rappeler que l’État algérien avait ces dernières années financé des dizaines d’opérations d’aménagement et de rénovation d’églises catholiques situées dans les wilayas de Tizi Ouzou, Bouira, Annaba et Oran.

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Tags:
Coran, profanation, mosquées, mosquée, Algérie
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