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Les entreprises de montage de smartphones en Algérie ont répondu à la ministre de l’Industrie sur la suppression des avantages liés à l’importation des kits SKD/CKD, dénonçant une décision fondée «sur des données totalement erronées».

Dans une lettre adressée lundi 11 novembre à la ministre algérienne de l'Industrie et des Mines, Djamila Tamazirt, le Collectif des fabricants de l'électronique, de l'électroménager et des mobiles (Cfeem) a réagi à la décision d’exclure de la loi de finances 2020 le montage des téléphones mobiles du dispositif d'importation des kits SKD/CKD (Semi Knocked-Down et Completely Knocked-Down), éléments préassemblés et montés sur place. En effet, dans sa lettre, dont l’Algérie Presse Service (APS) a eu une copie, le Cfeem affirme que la décision du ministère est fondée «sur des données totalement erronées».

De son côté, Mme Tamazirt a expliqué, dans une déclaration à la presse lors d’une visite de travail à la wilaya (région) de Tizi Ouzou, que les opérateurs industriels de cette filière ne respectaient pas leurs engagements relatifs à l’intégration industrielle locale.

Les arguments du Cfeem

Ainsi, le Cfeem estime que cette décision est porteuse de «répercussions néfastes aussi bien sur les producteurs que sur l’économie nationale». Il précise dans ce sens que la filière de montage de téléphonie mobile assure «quelque 6.000 emplois directs et plus de 20.000 indirects».

Par ailleurs, bien qu’il reconnaisse que les actuels taux d'intégration nationale dans le montage de la téléphonie mobile étaient «infimes», le Collectif estime cependant que «les perspectives de leur amélioration étaient importantes». Il propose dans ce cadre la création d'«un comité regroupant des représentants du ministère de l’Industrie et du Collectif des fabricants, pour travailler sur un plan de conversion du régime SKD vers le régime CKD adapté à la filière».

La même source indique que le coût d'importation des composants utilisés dans le montage de la téléphonie mobile est passé de 400 millions dollars en 2014 à plus de 650 millions dollars en 2016, suite au lancement de la 3G et de la 4G en Algérie. Durant ces mêmes années, «l'importation des téléphones mobiles était majoritairement en produits finis et soumise à un droit de douanes réduit à 5%», précise-t-elle.

Cependant, le Cfeem relève une «baisse» de la facture d’importation à moins de 230 millions de dollars après l'interdiction de l’importation de produits finis, engagée en 2017. Mais en 2018, cette même facture a atteint 511 millions de dollars, suite à la conversion des importations de produits finis vers l'industrie de montage local (SKD).

Comme solution intermédiaire à ce conflit d’intérêts, le Collectif propose «une révision à la hausse des droits de douane du régime SKD concernant la téléphonie mobile», mais en conservant «le droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS) pour l'importation des produits finis».

La réponse de la ministre de l’Industrie

Dimanche 10 novembre à Tizi Ouzou, Djamila Tamazirt a défendu la décision du gouvernement de suspendre de manière définitive les avantages accordés aux usines de montage de smartphones, précisant que «nous n’avons pas décidé de geler les entreprises qui s’activent dans la téléphonie mobile». «C’est par rapport aux avantages de l’exonération», a-t-elle ajouté, soulignant que «ceux qui travaillent dans cette industrie sont exonérés de droits et taxes à l’importation de leurs kits».

Sur la même lancée, la responsable soutient qu’«il se trouve qu’il n’y a pas de montage dans cette activité, ce sont des téléphones [finis, ndlr] qui sont importés». Ainsi, Mme Tamazirt a annoncé que les entreprises concernées pouvaient continuer leur activité «mais avec le droit commun [régissant l’importation de biens de consommation et d’équipement, ndlr] et non pas avec les avantages du montage».

«L’État, quand il donne des avantages à un opérateur, c’est pour gagner en contrepartie une intégration et une industrialisation», a-t-elle rappelé, estimant que ce «n’est pas le cas dans le téléphone portable, à la différence des voitures et de l’électroménager où il y a un taux d’intégration que nous suivons jusqu’à la cinquième année pour lesquels ils bénéficient d’avantages».

La décision des autorités algériennes de réduire les importations a été motivée par la diminution des réserves de change suite à la chute des prix du pétrole en 2014. Le gouvernement algérien entend ainsi encourager l’industrie locale. Ainsi, à partir du 1er janvier 2020, les Algériens paieront plus chers leurs smartphones dont ceux des marques Condor, Huawei et Iris.

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Tags:
intégration, substitution aux importations, importations, montage, smartphones, politique industrielle, zone industrielle, industrie, Algérie
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