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Présidentielle en Algérie (2019) (59)
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Persuadé que la présidentielle fixée au 12 décembre est la première élection réelle que connaît le pays, un ex-colonel des renseignements algériens estime dans un entretien à Sputnik que le Hirak peut justement devenir la garantie d’élections sans fraude.

D’un côté les autorités qui promettent un scrutin transparent, et de l’autre des manifestants continuent à descendre dans la rue pour protester contre sa tenue. Ainsi, le 6 décembre, le dernier vendredi avant le scrutin, des villes du pays ont connu de nouveaux rassemblements.

Pourtant, selon l’avis d’Abdelhamid Larbi Cherif, cet ex-colonel des services de renseignement algériens, après que le Hirak du 22 février a présenté ses principales revendications, dont le rejet d’un 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika, «l’armée s’est engagée à se rallier du côté du peuple et du Hirak et elle s’est engagée à l’accompagner».

«Après cela, l’armée s’est engagée et là on a suivi que le Président a donné sa démission, question de facto pas de 5e mandat, pas de prolongement du 4e mandat. Et, après cela, l’armée s’est engagée à lutter contre un phénomène plus important qui a été par la suite une demande du Hirak et du peuple: c’est la mainmise de la mafia politico-financière sur les destinées de l’Algérie et la mafia qui s’est accaparée toutes les richesses du pays», explique-t-il dans un entretien à Sputnik.

«Une première en Algérie»

Interrogé sur les garanties de la transparence du scrutin, Abdelhamid Larbi Cherif souligne qu’en premier lieu c’est la création d’une instance autonome de gestion des élections, ce qui est, explique-t-il, «une première en Algérie».

«C’est une première qu’on n’a jamais connue auparavant et c’est une première garantie pour avoir des élections libres et sans fraude, d’une part. D’autre part, il y a la plus grande garantie, ce que ce Hirak, ces jeunes qui sont sortis de ce Hirak, ces jeunes, ces vieux, toutes les couches de la société, eux-mêmes peuvent représenter une force et garantie pour que les élections soient sans fraude.»

Et d’expliquer que les gens qui vont «chapeauter ces élections, qui vont chapeauter les urnes, qui vont chapeauter le vote» et «qui réclamaient la justice, qui réclamaient l’indépendance et des élections libres et sans fraude» sont «la plus grande garantie après celle de l’instance nationale de gestion des élections».

«Quand on parle du Hirak, c’étaient des millions»

À la question de savoir pourquoi des voix s’élevaient encore contre le scrutin et contestaient la liberté du futur scrutin, assurant que l’armée avait son candidat non dévoilé pour le moment, il répond:

«Il faut comprendre que l’Algérie est composée de 48 wilayas. Et depuis le 17e vendredi du Hirak à nos jours, le Hirak n’a jamais dépassé les 25.000 [personnes, ndlr] dans les rues. Quand on parle du Hirak, c’étaient des millions

Et d’estimer qu’il y a ceux qui veulent maintenir ce Hirak pour aller faire pression – «derrière sont la mafia et l’oligarchie qui est derrière les barreaux».

Vote dont on ignore le gagnant

Il se dit en outre persuadé que, malgré tout, les élections auront lieu et qu’il y aura «un taux de participation très élevé».

«Cela n’a jamais existé dans l’Histoire de l’Algérie. C’est la première fois qu’ils ont été obligés de rouvrir une deuxième fois pour revoir les listes électorales, d’une part. D’autre part, les élections du 12 sont déterminantes pour l’avenir de l’Algérie. Pourquoi? Parce que [c’est, ndlr] pour la première fois qu’on a cinq candidats [et, ndlr] qu’on ne connaît pas le Président», s’enthousiasme-t-il.

Et de poursuivre:

«Tous les candidats sont égaux, on a même distance avec tous les candidats, et l’ère de fabrication des Présidents est révolue, et quand il a fait sortir le texte de loi interdisant aux militaires cinq ans après la réserve de s’inscrire [dans des, ndlr] partis.»

Dossier:
Présidentielle en Algérie (2019) (59)

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Hirak, électrons, Algérie
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