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Dans une déclaration à Sputnik, un député algérien a expliqué que ce qui a poussé le parlement à adopter la nouvelle loi sur les hydrocarbures est «la situation économique et financière du pays». Il a affirmé que ce sont des cadres algériens qui l’ont rédigée et qu’elle «servait l’intérêt national».

L’annonce lundi 7 octobre par le ministre algérien de l’Énergie Mohamed Arkab que l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures avait été élaboré en consultation avec «les grandes compagnies pétrolières internationales», classées parmi les meilleures au monde, avait déclenché une vive polémique dans le pays. En effet, nombreux sont ceux qui ont crié au bradage des ressources de l’Algérie sommant le ministre de s’expliquer.

Dans un entretien accordé à Sputnik, le député Nazih Benramdane, ex-président du groupe parlementaire des indépendants, a levé le voile sur les tenants et les aboutissants de cette nouvelle loi ainsi que sur le timing de son adoption par le parlement algérien.

La polémique

Ce qui a suscité une levée de boucliers contre cette loi, selon le député, c’est le fait qu’elle a été proposée et discutée dans une situation politique agitée, marquée par «le mouvement de contestation populaire qui secoue l’Algérie depuis le 22 février».

«Beaucoup de citoyens sont venus manifester devant le parlement pour demander aux députés d’être très prudents dans l’examen de cette loi», affirme-t-il, ajoutant que «ceux qui ont été à l’avant-garde de cette polémique pour jeter l’anathème sur ce projet de loi résident en majorité à l’étranger et n’ont même pas lu le texte en question.»

Bien qu’un bon nombre de députés aient jugé qu’il valait mieux reporter le débat sur ce projet de loi à après l’élection présidentielle du 12 décembre, M.Benramdane a expliqué que le ministre de l’Énergie et les cadres de la Société nationale des hydrocarbures (Sonatrach) avaient, quant à eux, sensibilisé les élus sur l’urgence de l’adoption de cette loi en raison de la situation difficile dans laquelle se trouve actuellement la Sonatrach.

«Compte tenu du fait que le projet de loi ne remettait pas en cause la règle 51/49 [règle qui régit l’investissement dans le secteur des hydrocarbures et qui fixe à 49% la part d’une entreprise étrangère dans un projet lancé avec la Sonatrach qui désormais en détient 51%, ndlr] et de la nécessité d’offrir des mesures incitatives aux entreprises étrangères pour venir investir en Algérie, les députés ont opté pour l’adoption de cette loi», indique-t-il, expliquant que le climat de concurrence qui marque le marché des hydrocarbures dans le monde ne laissait pas beaucoup d’options pour l’Algérie.

«Néanmoins, ceux qui ont rédigé cette loi sont des Algériens: des cadres compétents du ministère de l’Énergie et de la Sonatrach, et ils l’ont faite dans le sens de servir l’intérêt national et non pas pour brader les ressources du pays.»

Pourquoi l’urgence de cette loi?

Nazih Benramdane précise que la situation économique et financière de l’Algérie était la principale raison qui a poussé les députés à adopter en urgence la nouvelle loi sur les hydrocarbures. À ceci, s’ajoutait également l’épuisement des réserves du pays en pétrole et en gaz.

«D’ici 2030, si l’Algérie ne renouvelle pas ses réserves en gaz par la découverte de nouveaux gisements, toute la quantité qui sera produite sera consommée localement, ce qui aggravera la chute des revenus du pays en devises fortes», soutient le député. Par ailleurs, ajoute-t-il, «cette situation de dépendance aux exportations des hydrocarbures interpelle le gouvernement sur la nécessité de diversifier l’économie nationale en développant les secteurs productifs comme l’industrie et l’agriculture, ainsi que celui des services comme le tourisme».

Le projet de loi de finances 2020 indique que l’Algérie fera face à une baisse de ses recettes de 8,3% et ce malgré une hausse de 5,3% de la fiscalité ordinaire. Cette baisse globale s’explique par le fait que le gouvernement table sur un recul de la fiscalité pétrolière en 2020, principale source de devises pour le pays.

Dans le même sens, le ministre algérien de l’Énergie Mohamed Arkab a déclaré mardi 29 octobre devant la Commission des affaires économiques à l’Assemblée populaire nationale que «60% des réserves initiales d’hydrocarbures du pays étaient épuisées».

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Tags:
gaz, gisements de pétrole, prix du pétrole, fonds d'investissement, nationalisation des hydrocarbures, hydrocarbures, Algérie
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